Front social : l’Assemblée nationale en première ligne pour l’apaisement

Lauraine

Face à une accumulation de tensions sociales héritées de longues années de crispation, l’exécutif gabonais multiplie les gestes d’apaisement. Dialogue renoué, cadres de concertation relancés, promesses de réformes graduelles : des signaux politiques forts sont envoyés aux partenaires sociaux pour éviter l’embrasement et restaurer la confiance, notamment dans des secteurs aussi sensibles que l’éducation, les finances publiques et les affaires sociale.

À l’heure où le front social demeure l’un des baromètres les plus sensibles de la transition en cours, les autorités gabonaises ont engagé, ces derniers jours, une série d’initiatives destinées à prévenir une escalade des tensions et à réancrer le dialogue social au cœur de l’action publique. De l’Assemblée nationale aux ministères stratégiques, les échanges avec les partenaires sociaux se sont intensifiés, traduisant une volonté assumée de désamorcer les conflits par la concertation plutôt que par l’épreuve de force.

Le secteur de l’éducation, particulièrement éprouvé par des mouvements de protestation à répétition, a été au centre de cette dynamique. Conscient de l’impact des grèves sur la scolarité des élèves et du risque réel d’une année blanche, le président de l’Assemblée nationale, Régis Onanga Ndiaye, a reçu les représentants du collectif « SOS Éducation la Base ». Dans un ton mêlant fermeté institutionnelle et empathie sociale, il a appelé les enseignants à renouer avec les salles de classe, tout en les rassurant sur la volonté du gouvernement de répondre progressivement à leurs revendications. L’enjeu, a-t-il rappelé, dépasse les intérêts corporatistes : il s’agit de préserver l’avenir d’une génération entière. Les discussions, engagées dans un climat apaisé, doivent se poursuivre afin de consolider cette trêve fragile.

Au ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, le ministre délégué chargé du Budget, Marc Abeghe, a lui aussi ouvert un cycle de concertations avec les agents et les syndicats de son département. Au cœur des échanges : la mise en place d’un cadre structuré permettant d’examiner en profondeur un cahier de doléances dense, allant de la régularisation des situations administratives aux conditions de travail, en passant par les rappels de solde, la prime de performance budgétaire et l’élaboration de statuts spécifiques pour certains corps. Le membre du gouvernement a tenu à rappeler les avancées déjà réalisées depuis la levée du gel administratif, soulignant que la Ve République s’est engagée dans un processus de normalisation progressive, matérialisé par de nombreux actes d’intégration, de titularisation et d’avancement.

Même volonté d’écoute au ministère des Affaires sociales, où la ministre Armande Longo-Moulengui a lancé les travaux d’une commission chargée d’examiner les revendications des agents du secteur. Composée de représentants syndicaux, cette instance doit déboucher sur un protocole d’accord, appelé à être soumis aux plus hautes autorités. Une démarche qui illustre la priorité donnée à la négociation structurée plutôt qu’aux rapports de force prolongés.

Dans cette même logique, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Adrien Nguema Mba, a récemment reçu les responsables du Syndicat national des agents du ministère de l’Intérieur, afin de prendre la mesure de leurs attentes et d’anticiper d’éventuelles crispations.

Pris dans leur ensemble, ces signaux convergents traduisent une inflexion claire de la gouvernance sociale : faire du dialogue permanent un outil central de stabilité, conformément aux orientations du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Reste désormais à transformer ces échanges en actes concrets et mesurables, seul moyen durable de restaurer la confiance entre l’État et les travailleurs, et de tourner définitivement la page des tensions cycliques qui fragilisent la paix sociale.

Reve NGOULALY

Share This Article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *