Gabon exclu de l’AGOA en 2026 : ce qu’il faut savoir

Lauraine

Le Gabon ne bénéficiera plus du régime préférentiel de l’AGOA en 2026. Malgré une hausse notable des échanges commerciaux avec les États-Unis, Washington a décidé d’exclure Libreville du programme, invoquant le non-respect de certains critères politiques et institutionnels. Une décision aux implications économiques réelles, qui illustre la primauté des exigences de gouvernance sur la performance commerciale.

L’AGOA (African Growth and Opportunity Act) est une loi américaine adoptée en 2000 visant à renforcer les échanges commerciaux entre les États-Unis et les pays d’Afrique subsaharienne. Elle permet aux États éligibles d’exporter vers le marché américain plusieurs milliers de produits en franchise de droits de douane, avec pour objectif de stimuler la croissance économique, l’industrialisation et la création d’emplois sur le continent.

En février 2026, il a été confirmé que le Gabon ne figure plus parmi les pays bénéficiaires de ce dispositif pour l’année 2026. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la reconduction de l’AGOA par l’administration américaine de Donald Trump, une reconduction rendue effective de manière rétroactive à compter du 30 septembre 2025. Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a officiellement indiqué que le Gabon ne répondait plus aux critères requis pour bénéficier du régime préférentiel, et ce malgré une progression notable des échanges commerciaux entre Libreville et Washington.

Si les autorités américaines n’ont pas détaillé de manière exhaustive les motifs spécifiques de l’exclusion du Gabon, celle-ci intervient dans un contexte de durcissement des conditions d’éligibilité au programme. Pour rester bénéficiaire de l’AGOA, un pays doit notamment respecter l’état de droit, promouvoir le pluralisme politique, lutter efficacement contre la corruption, garantir la protection des droits humains et encourager une économie de marché ouverte et concurrentielle. Selon Washington, ces exigences n’auraient pas été pleinement satisfaites par le Gabon, des critères déjà mis en avant lors de précédentes exclusions de pays africains, comme le Niger.

Cette décision s’inscrit également dans un environnement politique et institutionnel particulier. Le Gabon a traversé une période de transition après le coup d’État d’août 2023, marquée par une suspension temporaire de certaines instances régionales avant une réintégration progressive, notamment au sein de l’Union africaine. Ce contexte politique a pesé dans l’évaluation américaine, même si, sur le plan économique, les relations commerciales entre les deux pays ont montré des signes de dynamisme.

En effet, les échanges bilatéraux entre le Gabon et les États-Unis ont enregistré une hausse significative, avec une progression estimée à 23 % en 2024. Ce contraste entre une amélioration des performances commerciales et une exclusion du programme illustre la primauté accordée par Washington aux considérations politiques et institutionnelles sur les seuls indicateurs économiques dans le cadre de l’AGOA.

Concrètement, l’exclusion du Gabon signifie que ses exportations ne bénéficieront plus de l’accès en franchise de droits au marché américain. Cette situation pourrait entraîner une augmentation des coûts pour certains produits gabonais, réduire leur compétitivité face à ceux provenant de pays africains toujours éligibles, et peser sur les perspectives d’exportation vers les États-Unis. Elle pourrait également constituer un signal incitatif pour les autorités gabonaises, appelées à accélérer les réformes politiques, institutionnelles et économiques afin de retrouver, à terme, leur place parmi les pays bénéficiaires de l’AGOA.

LA REDACTION M+

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