L’Acharnement numérique : quand la critique franchit la ligne rouge.

ONASIA MABITI

À l’ère des réseaux sociaux, la critique politique est légitime. Mais l’acharnement, la moquerie systématique et la désinformation ne le sont pas.

Depuis quelques heures, une publication annonçant la visite officielle du Président Brice Clotaire Oligui Nguema aux Émirats arabes unis a suscité une vague de réactions d’une rare virulence sur les réseaux sociaux. Face à l’ampleur des attaques, la page ayant initialement publié l’information a fini par supprimer le post, visiblement dépassée par le flot de commentaires haineux et moqueurs dirigés contre le Chef de l’État.

Il est important de rappeler une chose essentielle : une visite officielle n’est ni une fantaisie personnelle ni un caprice, mais un acte diplomatique qui engage l’image, les intérêts et l’avenir du pays. Réduire ces déplacements à des caricatures ou à des attaques personnelles relève d’une volonté manifeste de nuire, bien loin d’un débat constructif.

Ce qui choque aujourd’hui, ce n’est pas la critique car elle est normale dans toute démocratie mais l’acharnement, les insultes à peine voilées, les comparaisons déplacées et la dérision systématique. Cet emballement a transformé un simple communiqué institutionnel en tribunal populaire numérique, au point de pousser la page à retirer sa publication.

Faut-il rappeler que le Président n’agit pas en son nom propre, mais au nom de la nation gabonaise ? S’attaquer à chaque action, chaque déplacement, chaque image, sans analyse ni recul, revient à affaiblir nos propres institutions et à banaliser la violence verbale en ligne.

Protéger le Président, ce n’est pas refuser la critique.
C’est refuser l’humiliation publique, la désinformation et la haine gratuite.
C’est exiger un débat à la hauteur des enjeux du pays.

Aujourd’hui plus que jamais, la responsabilité revient aussi aux internautes : critiquer avec intelligence, questionner avec respect et refuser l’acharnement collectif. Car un pays ne se construit pas dans la moquerie permanente, mais dans la lucidité et le sens de l’intérêt général.

Mabiti Onasia.

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