À mesure qu’elles accèdent aux sphères du pouvoir, certaines élites semblent se couper des réalités locales et des préoccupations quotidiennes des populations. Cette déconnexion progressive affaiblit la confiance, creuse les inégalités et nourrit un sentiment d’abandon dans les territoires. Pourtant, aucun projet politique durable ne peut se construire en ignorant les terres qui l’ont vu naître ni les citoyens qui en portent l’espoir.

La récente visite présidentielle dans l’Ogooué-Ivindo, marquée par l’inauguration de la première caserne de sapeurs-pompiers de la province, le suivi des travaux hospitaliers et le lancement de nombreux chantiers structurants, a envoyé un signal fort aux populations. En engageant ou en réalisant une vingtaine de projets concrets, l’État a rappelé que le développement local ne doit pas rester un slogan, mais se traduire par des actions visibles, capables d’améliorer durablement les conditions de vie.
Cet engagement contraste cependant avec l’indifférence prolongée de certaines élites pourtant issues de cette province, dont l’ancrage local n’a pas toujours été débouché sur des initiatives majeures. Cette situation illustre une réalité préoccupante : lorsque ceux qui devraient porter la voix de leur terre l’oublient, l’impulsion finit par venir d’ailleurs. Une leçon politique claire sur la responsabilité, l’action et la mémoire des origines.
Mabiti Onasia
