Au Gabon, de nombreux jeunes vivent un profond mal-être, alimenté par le chômage, la précarité et un sentiment d’abandon croissant. Face à cette détresse silencieuse, briser le tabou et ouvrir le dialogue est devenu une urgence collective.

La dépression est une souffrance invisible qui progresse sans bruit dans nos sociétés. Au Gabon, elle touche de plus en plus de jeunes, souvent sans être reconnue ni prise au sérieux. Derrière les sourires forcés, les diplômes fièrement obtenus et les publications rassurantes sur les réseaux sociaux, beaucoup vivent une profonde détresse intérieure. La dépression n’est pas un manque de courage, mais une douleur psychologique réelle, qui isole, épuise et peut conduire au pire lorsqu’elle est ignorée.

Chez les jeunes, les causes sont largement sociales et économiques. Après de longues années d’études, souvent marquées par des sacrifices personnels et familiaux, nombreux sont ceux qui se retrouvent sans emploi, sans perspectives et sans reconnaissance. Le chômage prolongé engendre un sentiment d’inutilité, de frustration et d’échec. À cela s’ajoutent la pression familiale, les attentes de la société et la comparaison constante sur les réseaux sociaux, où la réussite semble rapide et facile pour les autres. Peu à peu, l’espoir s’effrite, l’estime de soi s’effondre et la dépression s’installe.
La dépression fait des ravages silencieux au Gabon : elle détruit des ambitions, brise des talents et vole des vies avant même qu’elles n’aient commencé. Beaucoup de jeunes souffrent en silence, par peur d’être jugés ou incompris, dans une société où la santé mentale reste taboue. Il est urgent d’ouvrir le débat, d’écouter sans condamner et de créer de véritables opportunités afin de redonner espoir à cette jeunesse. Car un pays qui abandonne sa jeunesse compromet son propre avenir.
Mabiti Onasia
