Alimentation de rue : l’AGASA lance une mise en garde pour préserver la santé publique

Dorina MBA
L'alimentation de rue fait l'objet d'une vigilance accrue de l'AGASA pour préserver la santé des consommateurs au Gabon.

L’alimentation de rue fait l’objet d’une mise en garde officielle de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), partagée ce mercredi 14 octobre via ses réseaux sociaux. Pour prévenir les risques d’intoxications, l’organisme appelle les vendeurs et les consommateurs à un strict respect des règles d’hygiène et de conservation, afin d’assainir ce secteur incontournable au Gabon.

 

 

La consommation régulière de repas préparés sur la voie publique expose les usagers à de véritables risques sanitaires lorsque les conditions de salubrité ne sont pas réunies. En effet, l’absence de points d’eau potable sur les étals et la manipulation sans protection des aliments favorisent la prolifération de bactéries pathogènes. Cette contamination croisée est directement à l’origine de nombreuses affections gastro-intestinales chroniques ou aiguës. Parmi les pathologies les plus fréquentes enregistrées dans les structures de santé au Gabon, les épisodes de diarrhées sévères et les intoxications alimentaires restent massivement liés à la nourriture de rue mal conservée. Outre les troubles digestifs immédiats, la rupture de la chaîne du froid et la stagnation des plats à l’air libre constituent le terreau fertile de la fièvre typhoïde. Transmise par des aliments ou de l’eau souillés par des germes fécaux ou bactériens, cette infection systémique grave représente un problème majeur de santé publique. Les consommateurs sous-estiment souvent le danger en se fiant uniquement à la saveur ou à l’apparence des plats, alors même que des micro-organismes indétectables à l’œil nu prolifèrent dans les sauces, les viandes mal cuites ou les jus artisanaux exposés à la chaleur ambiante.

 

 

Alimentation de rue insalubre
Exposez sans protection et manipulés dans des conditions précarisées, les repas de rue présentent des risques élevés d’intoxications alimentaires.

L’environnement dans lequel évoluent les commerçants de rue accentue considérablement la vulnérabilité des produits vendus. Installés le long des axes routiers, à proximité de canaux d’évacuation ou dans des marchés à forte densité, les étals sont constamment soumis aux poussières, aux fumées d’échappement et aux insectes vecteurs de germes. À ces contraintes environnementales s’ajoutent des pratiques d’hygiène précarisées : réutilisation prolongée d’une eau de lavage souillée, conservation inadéquate des ingrédients périssables ou encore mauvaise hygiène corporelle des manipulateurs de denrées. Face à ces failles structurelles, la sensibilisation menée par l’AGASA rappelle que la sécurité sanitaire ne repose pas uniquement sur le contrôle visuel des installations, mais sur une rigueur méthodique au quotidien. L’agence insiste sur l’adoption impérative de gestes barrières fondamentaux, tels que la protection systématique des platines et marmites avec des cloches transparentes, l’utilisation de sachets ou d’ustensiles propres pour servir, et la séparation nette entre les denrées crues et les aliments cuits prêts à consommer.

 

 

 

Pour endiguer la résurgence des épidémies d’origine alimentaire, l’AGASA préconise une approche axée à la fois sur la responsabilité citoyenne et sur le soutien aux petits opérateurs économiques. Du côté des consommateurs, l’apprentissage d’un discernement critique devient essentiel : il convient d’éviter tout établissement où l’eau potable fait défaut et d’observer le comportement sanitaire du serveur. Cette exigence de la clientèle doit inciter progressivement les acteurs du secteur informel à rehausser la qualité de leurs prestations. En parallèle, la démarche des autorités administratives vise à sortir l’alimentation de rue de la marginalité sanitaire sans en détruire le tissu économique vital. Par le biais de formations ciblées et de guides de bonnes pratiques hygiéniques, l’objectif est d’aider les tenanciers de tourne-dos et de kiosques à respecter les normes de salubrité de base. Cet équilibre entre contrôle strict et mise à niveau pédagogique constitue la seule voie durable pour garantir une nourriture de rue accessible, populaire et parfaitement saine pour l’ensemble des populations au Gabon.

 

 

 

Dorina MBA

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