SEEG au Gabon : 42,9 milliards de FCFA de pertes, l’État pointé du doigt

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Au Gabon, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) fait face à une situation financière préoccupante. Selon les données présentées dans le rapport 2026 de la Banque mondiale, l’entreprise a enregistré 42,9 milliards de FCFA de pertes nettes en 2024. Les retards de paiement des administrations publiques, les pertes techniques et l’augmentation des charges compliquent son redressement, alors que la qualité de la distribution d’eau et d’électricité reste une préoccupation pour les usagers.

 

La situation financière de la SEEG révèle des difficultés qui dépassent les résultats d’un seul exercice comptable. En plus des pertes enregistrées en 2024, l’entreprise affiche des capitaux propres négatifs de 90,7 milliards de FCFA et des pertes cumulées supérieures à 127 milliards de FCFA. Ces données traduisent un déséquilibre important entre ses ressources et ses engagements. Dans ces conditions, le financement des opérations courantes, l’entretien des installations et le renouvellement des équipements représentent des défis majeurs. Pour maintenir ses activités, la société doit pouvoir compter sur des recettes suffisantes et une gestion adaptée à ses besoins. Cette situation soulève également des interrogations sur sa capacité à investir dans les infrastructures nécessaires pour répondre à la demande croissante en eau et en électricité au Gabon.

 

Agence de paiement de la SEEG pour les factures d’eau et d’électricité au Gabon.
Une agence de paiement de la SEEG au Gabon, où les usagers effectuent leurs démarches liées aux factures d’eau et d’électricité.

Les retards de règlement des factures par les administrations publiques constituent un autre facteur de pression sur les finances de l’entreprise. Lorsque l’État et ses structures ne paient pas leurs consommations dans les délais, la SEEG doit continuer à supporter ses dépenses sans disposer immédiatement de toutes les recettes attendues. Cette situation peut compliquer le paiement des fournisseurs, l’achat de matériel et le financement des interventions sur les réseaux. Le règlement des sommes dues par les entités publiques apparaît donc comme une piste pour améliorer la trésorerie de l’entreprise. Cependant, les difficultés ne reposent pas uniquement sur les impayés. Les données relayées par la Banque mondiale font également état de pertes techniques estimées à environ 30 % pour l’électricité et 56 % pour l’eau en 2024. Ces pertes réduisent l’efficacité du système de distribution et pèsent sur les résultats financiers de la société.

 

 

À ces contraintes s’ajoute le gel des tarifs depuis 2018, alors que les dépenses de fonctionnement ont augmenté. Une éventuelle évolution des prix doit toutefois tenir compte du pouvoir d’achat des ménages, notamment ceux qui disposent de revenus limités. Pour améliorer sa situation, la SEEG doit aussi réduire les pertes sur ses réseaux, renforcer le recouvrement des factures et mieux maîtriser ses coûts. La Banque mondiale évoque par ailleurs le règlement des dettes réciproques entre l’État et l’entreprise ainsi qu’un possible apport de capitaux pour soutenir son redressement. La réorganisation des activités liées à l’eau et à l’électricité fait également partie des pistes envisagées. La réussite de ces mesures dépendra de leur application concrète et de la capacité des différents acteurs à respecter leurs engagements. Pour les populations, les résultats devront se traduire par une distribution plus régulière de l’eau et de l’électricité, ainsi que par une meilleure prise en charge des pannes.

Dorina MBA

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