Le Nigeria lance un vaste programme pour renforcer la place des femmes dans le secteur privé. Une initiative qui pourrait inspirer le Gabon, où le chômage touche particulièrement les femmes et les jeunes diplômées.

L’autonomisation économique des femmes n’est plus seulement une question d’égalité sociale , elle est devenue un véritable levier de croissance. Au Nigeria, les autorités publiques, les institutions financières et les grandes entreprises viennent de lancer une initiative ambitieuse destinée à renforcer la place des femmes dans le secteur privé. Une démarche qui pourrait servir d’exemple au Gabon, où les femmes demeurent parmi les premières victimes du chômage et de la précarité professionnelle.
Porté par la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec le Nigerian Exchange Group (NGX) et la Chambre de commerce et d’industrie de Lagos, le Nigeria Gender Country Program (NGCP) vise à améliorer l’accès des femmes aux emplois qualifiés, aux postes de direction, au financement ainsi qu’aux marchés économiques.
L’initiative rassemble des acteurs publics, des régulateurs financiers, des entreprises privées et des institutions internationales autour d’un objectif commun : faire de l’égalité des genres un moteur de compétitivité économique. Les entreprises participantes devront désormais intégrer des engagements mesurables en faveur de l’inclusion des femmes dans leurs stratégies de développement.
Au-delà de l’enjeu sociétal, les promoteurs du programme mettent en avant son impact économique potentiel. Selon les estimations citées par les organisateurs, une réduction des inégalités entre les hommes et les femmes dans l’emploi, l’entrepreneuriat et les fonctions dirigeantes pourrait générer jusqu’à 22,9 milliards de dollars supplémentaires chaque année pour l’économie nigériane.
Pour Olivier Buyoya, directeur régional de l’IFC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, offrir davantage d’opportunités aux femmes revient à renforcer la compétitivité des entreprises et à accélérer la croissance économique. Il souligne que les économies prospèrent davantage lorsque les femmes peuvent participer pleinement à la vie économique, innover et accéder aux responsabilités.
Cette expérience nigériane soulève une question essentielle pour le Gabon. Dans le pays, les femmes restent particulièrement exposées aux difficultés du marché de l’emploi. Beaucoup évoluent dans le secteur informel ou peinent à accéder aux financements nécessaires pour développer leurs activités. Les jeunes diplômées sont également confrontées à un taux de chômage élevé, malgré leur présence croissante dans les universités et les écoles professionnelles.
Face à cette réalité, des politiques inspirées du modèle nigérian pourraient constituer une réponse concrète. Encourager les entreprises à recruter davantage de femmes, faciliter leur accès au crédit, promouvoir leur présence dans les instances de décision et soutenir l’entrepreneuriat féminin seraient autant de moyens de réduire les inégalités économiques.
L’exemple du Nigeria rappelle surtout une évidence souvent négligée , investir dans les femmes ne relève pas uniquement d’une exigence d’équité. C’est aussi un choix stratégique pour stimuler la croissance, créer des emplois durables et renforcer la cohésion sociale. Dans un contexte où le chômage touche durement les Gabonaises, l’autonomisation économique des femmes pourrait devenir l’un des piliers du développement du pays au cours des prochaines années.
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REVE NGOUL-ALY


