Alors que la déforestation mondiale a diminué de 15 % en 2025, l’Afrique centrale reste confrontée à une pression croissante sur ses ressources forestières. Selon le rapport du collectif Forest Declaration Assessment, publié le 14 octobre 2026, près de 2,5 millions d’hectares de forêts ont disparu dans le bassin du Congo au cours de l’année précédente. L’exploitation forestière, les activités minières, l’expansion agricole et les incendies figurent parmi les principales menaces pesant sur cet écosystème essentiel au climat et à la biodiversité.
L’Afrique centrale occupe une place stratégique dans les enjeux environnementaux mondiaux grâce aux vastes forêts du bassin du Congo, qui abritent une biodiversité exceptionnelle et contribuent au stockage du carbone. Pourtant, les données présentées par Forest Declaration Assessment mettent en évidence un contraste entre les tendances mondiales et la situation régionale. En 2025, environ sept millions d’hectares de forêts ont disparu dans le monde, soit une baisse de 15 % par rapport à 2024. Cette amélioration a notamment été portée par les résultats enregistrés en Amérique du Sud, particulièrement au Brésil. Dans le bassin du Congo, en revanche, près de 2,5 millions d’hectares de forêts ont été détruits sur la même période. Cette évolution montre que les progrès observés à l’échelle internationale ne profitent pas uniformément à toutes les régions et souligne l’urgence de renforcer les mesures de protection en Afrique centrale.
Plusieurs activités économiques contribuent à cette pression sur les espaces forestiers. L’exploitation du bois, l’ouverture de sites miniers et l’expansion des terres agricoles figurent parmi les principaux facteurs de dégradation. À cela s’ajoutent les besoins des ménages en bois de chauffage et en charbon de bois. Si ces activités participent aux revenus des populations et au développement économique, leur progression sans contrôle suffisant peut entraîner la destruction des habitats naturels, la dégradation des sols et la fragmentation des écosystèmes. Les routes aménagées pour accéder aux zones d’exploitation peuvent également faciliter l’occupation de nouveaux espaces forestiers. Par ailleurs, les incendies constituent une menace supplémentaire, notamment lorsque les températures élevées et les périodes de sécheresse favorisent la propagation des flammes. Ces phénomènes fragilisent la biodiversité et peuvent libérer dans l’atmosphère une partie du carbone stocké dans les arbres et les sols.
Pour inverser cette tendance, les pays d’Afrique centrale doivent renforcer leur coopération et améliorer la surveillance des activités forestières. L’absence de mécanismes régionaux de contrôle comparables à ceux évoqués en Amérique du Sud souligne la nécessité d’une action concertée entre les gouvernements, les organismes régionaux et les organisations environnementales. Le développement d’une exploitation forestière responsable, la lutte contre les activités illégales, la prévention des incendies et la promotion de pratiques agricoles durables constituent des pistes importantes. Les populations locales doivent également être associées aux décisions, car leur subsistance dépend souvent directement des ressources naturelles. La progression de la déforestation en Afrique centrale malgré le recul mondial représente ainsi un signal d’alerte pour le climat et la biodiversité. La préservation du bassin du Congo dépendra de la capacité des États à concilier développement économique, protection des écosystèmes et amélioration des conditions de vie des communautés.
Dorina MBA
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