Paiement mobile à Libreville : quel bilan des taxes municipales quatre mois après son lancement ?

Davilla AKANG

Le paiement mobile des taxes municipales à Libreville fait l’objet d’interrogations quatre mois après son lancement au marché de Mont-Bouët. Initiée le 12 juin 2026 par le maire Eugène M’ba, cette mesure permet aux commerçants de régler leurs droits de place par Airtel Money ou Moov Money. La mairie affirme que le système reste opérationnel, tandis que plusieurs vendeurs évoquent un recours limité à ce mode de règlement.

Paiement mobile

Le paiement électronique des recettes municipales était présenté comme une étape vers la modernisation de la mairie de Libreville. À l’initiative du maire Eugène M’ba, les commerçants du marché de Mont-Bouët peuvent régler leurs droits de place par Airtel Money ou Moov Money. L’objectif est de mieux suivre les encaissements, de sécuriser les fonds perçus et de réduire les contestations liées aux paiements en espèces.

Le jour du lancement, plusieurs vendeurs avaient salué la possibilité de conserver une preuve de transaction sur leur téléphone. Cette mesure répondait à des préoccupations exprimées par certains commerçants, qui dénonçaient des paiements sans remise de justificatif. La dématérialisation devait permettre de mieux contrôler les sommes versées et de limiter les désaccords avec les agents chargés du recouvrement.

Sur le terrain, les témoignages recueillis quatre mois après le lancement dressent un tableau contrasté. Maryam, qui avait utilisé Airtel Money ou Moov Money pour payer son droit de place, explique être revenue aux espèces après deux transactions. D’autres commerçants affirment ne jamais avoir utilisé ce moyen de paiement dans leur secteur. Alvaresse Nguema, président du Syndicat des débrouillards du Gabon, considère que cette initiative n’a pas apporté de changement notable à leur situation. Ces déclarations témoignent d’expériences différentes, sans permettre de mesurer l’utilisation du service à l’échelle de tout le marché.

Le paiement mobile fonctionne-t-il réellement à l’échelle du marché de Mont-Bouët ?

Le cinquième adjoint au maire chargé de la digitalisation affirme que le système reste opérationnel. Une source municipale ayant requis l’anonymat précise que les agents collecteurs continuent d’enregistrer les paiements. Le passage au mobile money ne devait pas entraîner l’arrêt immédiat des règlements en espèces. La même source évoque un déploiement progressif, qui nécessite davantage d’information et un accompagnement des commerçants. Les opérations seraient également suivies sur une plateforme numérique.

Le maintien des paiements en espèces et la méconnaissance du dispositif par certains vendeurs soulèvent des questions sur les conditions de son adoption. Les témoignages ne permettent pas de déterminer si le recours limité au mobile money tient à un manque d’information, à des difficultés pratiques ou à d’autres raisons. Aucun chiffre communiqué par la mairie ne permet, à ce stade, de préciser l’ampleur de ces éventuels obstacles.

Le bilan financier de cette opération reste également à établir. Les montants encaissés par voie électronique depuis le 12 juin, le nombre de commerçants utilisant le service et la part des paiements numériques dans les recettes municipales n’ont pas été précisés. Ces indicateurs permettraient d’apprécier les résultats de la réforme et de vérifier dans quelle mesure elle contribue à améliorer le recouvrement des droits de place.

Quatre mois après son lancement, le paiement mobile des taxes municipales à Mont-Bouët reste présenté comme opérationnel par la mairie. Les témoignages recueillis auprès de certains commerçants font état d’un usage limité ou inexistant dans leurs pratiques. La publication de données chiffrées permettrait de confronter ces observations aux résultats enregistrés par les services municipaux et d’établir un bilan plus précis de cette réforme.

 

Davilla AKANG

Suivez-nous sur facebook

Retrouvez tous nos articles ici

 

Ne manquez plus
l'essentiel de l'actualité

Recevez chaque jour les dernières informations, analyses et tendances directement dans votre boîte mail.

Share This Article