L’administration fiscale gabonaise intensifie ses opérations de terrain pour retrouver les contribuables qui échappent encore à son contrôle. Lancée le lundi 19 octobre 2026 à Akanda, la deuxième phase de la campagne de la Direction générale des Impôts (DGI) se poursuivra jusqu’au 2 décembre 2026. L’objectif est de mieux identifier les opérateurs économiques, de régulariser leur situation fiscale et de récupérer les sommes dues à l’État.

Après une première intervention, les services des Impôts reprennent leur travail de proximité dans plusieurs localités de la province de l’Estuaire. Cette nouvelle étape concerne les premier et deuxième arrondissements de Libreville, la commune d’Akanda, le département du Komo-Mondah, dont le chef-lieu est Ntoum, ainsi que le département de la Noya, à Cocobeach. À travers cette opération, l’administration cherche à mieux connaître les activités commerciales exercées dans ces zones et à repérer les opérateurs qui ne figurent pas encore dans ses registres.
Pour mener cette mission, 18 équipes ont été constituées et réparties sur trois sites. Huit d’entre elles sont affectées à Akanda, selon Sosthène Didace Ngayila, inspecteur des services et coordonnateur de l’opération. Depuis le 19 octobre et jusqu’au 2 décembre prochain, ces équipes effectueront des visites de porte-à-porte auprès des opérateurs économiques. Elles devront recueillir les informations nécessaires, vérifier les immatriculations et engager les démarches de régularisation lorsque cela s’avère nécessaire.
Pour Lola Dulcinette Akoma Ledjele, directrice provinciale des Impôts de l’Estuaire, cette démarche doit permettre à l’administration de mieux connaître les acteurs économiques et de disposer de données fiscales plus fiables. « Cette mission nous permet également d’identifier les contribuables qui sont dans l’informel, de localiser les contribuables pour une fiabilisation du fichier », a-t-elle expliqué. Les nouveaux contribuables recensés pourront également être enregistrés sur DIGITAX, la plateforme dédiée aux téléprocédures fiscales.
Une opération qui vise aussi les impayés.
Au-delà de l’identification des contribuables, la campagne prévoit le calcul des impôts, droits et taxes exigibles, ainsi que le recouvrement des sommes restées impayées. L’administration entend ainsi s’assurer que les opérateurs économiques s’acquittent de leurs obligations en fonction de leur activité et du régime fiscal auquel ils sont soumis.
« Nous disons qu’on doit payer le juste impôt », a souligné Lola Dulcinette Akoma Ledjele. Selon la directrice provinciale, les montants réclamés tiendront compte de la situation de chaque opérateur. La mission comporte également un volet de sensibilisation destiné à expliquer les obligations fiscales aux professionnels, sans se limiter aux contrôles et aux régularisations.
Toutefois, la DGI insiste sur le respect des procédures de paiement. Sosthène Didace Ngayila rappelle que chaque versement doit obligatoirement donner lieu à une quittance du Trésor. Les contribuables sont donc invités à ne remettre aucune somme sans obtenir ce justificatif. Pour éviter toute confusion, les agents déployés sur le terrain devront présenter leur carte professionnelle et porter des gilets fluorescents permettant de les reconnaître.
La mairie d’Akanda accompagne également cette initiative. Présent lors du lancement du lundi 19 octobre 2026, son quatrième adjoint, Juste Alain Mbouity, a appelé les opérateurs économiques à coopérer avec les équipes de la DGI. Il les a notamment invités à ne pas assimiler cette campagne à une opération de racket, précisant que chaque équipe disposera d’un ordre de mission.
Prévue jusqu’au mercredi 2 décembre 2026, cette deuxième phase pourrait ensuite être étendue aux autres provinces du Gabon. À travers cette démarche, la DGI entend élargir le nombre de contribuables recensés, réduire les irrégularités fiscales et accroître les recettes destinées au financement des dépenses publiques.
Davilla AKANG
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