Le lancement de la future cimenterie de Malibé 2, le mardi 20 octobre 2026 à Akanda, ouvre de nouvelles perspectives pour l’industrie gabonaise. Porté par Gabon Future Cement Clinker SAU et Conch Investment Holdings, le projet prévoit également la construction de logements et la création de plusieurs centaines d’emplois directs. Toutefois, au-delà des annonces, les conditions de recrutement, le prix du ciment et l’accès aux habitations restent au cœur des attentes.

Implanté sur une superficie de 17,56 hectares, le complexe industriel comprendra une ligne de production de clinker annoncée à 3 500 tonnes par jour, une unité de broyage de ciment, une centrale électrique à biomasse et une unité de béton prêt à l’emploi. La réalisation des travaux est prévue sur 36 mois, après deux années de préparatifs techniques et financiers évoquées par la directrice générale de Conch, Gao Yan Yun. Cette infrastructure doit renforcer les capacités de production du pays et contribuer à l’approvisionnement du marché local.
En parallèle de la cimenterie, le projet prévoit le développement de la Cité verte de Mondah, dont la première phase doit compter 500 logements. Le programme doit intégrer des habitations, des commerces, des équipements éducatifs et sportifs ainsi que des espaces verts. Cette initiative pourrait accompagner le développement urbain d’Akanda, notamment en répondant aux besoins en logements.
Cependant, la construction de nouvelles habitations ne garantit pas automatiquement leur accessibilité. Les prix de vente, les conditions de financement et les modalités d’attribution seront déterminants pour les ménages concernés. La vente à prix abordable et la location-accession ont été annoncées, mais les conditions précises de ces dispositifs restent à communiquer. L’accès à l’eau, à l’électricité, à l’assainissement et aux transports constituera également un enjeu pour les futurs résidents.
Des emplois annoncés, mais quelle place pour les Gabonais ?
Au-delà des infrastructures, la cimenterie devrait générer entre 300 et 350 emplois directs. Le projet pourrait aussi entraîner la création de 2 000 à 3 000 emplois indirects, notamment dans le transport, la logistique, la manutention et la sous-traitance. Ces perspectives représentent un enjeu important pour les populations à la recherche d’opportunités professionnelles.
Le maire d’Akanda, Michel Léandre Delbrah Ndassy, a insisté sur l’importance de la formation et du développement des compétences nationales. Il souhaite que les habitants de sa commune puissent bénéficier des possibilités offertes par l’implantation de cette unité industrielle. La formation des futurs travailleurs et les modalités de recrutement seront donc essentielles pour favoriser l’accès des Gabonais aux postes annoncés.
Une question demeure toutefois : quelle part de ces emplois sera effectivement réservée aux travailleurs gabonais, en particulier aux habitants d’Akanda ? Les chiffres communiqués ne précisent pas encore la répartition des postes, les critères de recrutement ni la place qui sera accordée aux entreprises nationales dans les activités liées au projet. Ces éléments permettront d’apprécier plus concrètement les retombées de l’investissement sur l’emploi local.
L’augmentation des capacités de production pourrait contribuer à améliorer l’approvisionnement du marché gabonais en ciment. Néanmoins, aucun prix de vente n’a été annoncé à ce stade. Or, pour les particuliers comme pour les professionnels du bâtiment, le coût du ciment reste un élément important dans la réalisation des travaux.
Les tarifs dépendront notamment des coûts de production, de l’énergie, du transport et de la distribution. Par ailleurs, les chiffres de production méritent d’être précisés : si la ligne industrielle est annoncée à 3 500 tonnes de clinker par jour, une autre déclaration évoque 35 000 tonnes de ciment sans indiquer la période concernée. Une clarification permettra de mieux comprendre les capacités réelles de production attendues.
La cimenterie de Malibé 2 associe ainsi plusieurs ambitions : renforcer l’industrie nationale, soutenir la construction de logements et favoriser la création d’emplois. Mais la portée réelle du projet dépendra de sa mise en œuvre, du respect du calendrier annoncé et des bénéfices qu’en tireront les populations.
Les recrutements effectifs, la participation des entreprises gabonaises, le prix du ciment et les conditions d’accès aux logements seront autant d’indicateurs à suivre. Les conséquences environnementales liées à la production de clinker et au fonctionnement de la centrale à biomasse devront également être prises en compte. Au-delà des annonces, l’enjeu sera donc de transformer cet investissement en retombées concrètes pour les habitants d’Akanda et, plus largement, pour le Gabon.


