Gabon : Elsa Joséphine Nkana Ayo Bivigou plaide pour la réinsertion sociale des personnes vivant avec des troubles mentaux

Kendra Charlène NDAVOURA

La santé mentale au Gabon fait l’objet d’une attention particulière des autorités sanitaires. La ministre de la Santé, le Professeur Elsa Joséphine Nkana Ayo épouse Bivigou, plaide pour une meilleure prise en charge des personnes vivant avec des troubles mentaux, notamment à travers leur réinsertion sociale. Cette orientation vise à lutter contre la marginalisation et à favoriser un accompagnement médical, psychologique et social adapté aux besoins des patients.

Au-delà des soins, cette démarche pose la question de la place des personnes concernées dans la société. Elle invite à repenser les pratiques d’accompagnement et à renforcer les dispositifs permettant aux patients de retrouver des conditions de vie dignes.

Gabon

Lutter contre la stigmatisation des personnes vivant avec des troubles mentaux

La réinsertion sociale constitue l’un des axes mis en avant dans le plaidoyer de la ministre de la Santé. Face aux préjugés et à l’isolement dont peuvent être victimes certaines personnes souffrant de troubles mentaux, l’objectif est de favoriser leur retour dans un environnement familial et communautaire adapté.

La stigmatisation peut compliquer l’accès aux soins, fragiliser les relations sociales et rendre plus difficile la reprise d’une vie quotidienne stable. Une meilleure sensibilisation des familles et des communautés apparaît donc comme un levier important pour améliorer l’accompagnement des patients.

Cette approche ne signifie pas que toutes les personnes concernées peuvent immédiatement retourner dans leur environnement habituel. La réinsertion doit tenir compte de leur état de santé, de leurs besoins et de l’accompagnement nécessaire à leur autonomie.

Des visites de terrain pour évaluer les besoins

Dans le cadre de sa feuille de route axée sur une gestion « humaine, scientifique et rigoureuse », la ministre a effectué des visites d’évaluation dans des structures spécialisées, notamment au Centre de santé mentale de Mélen.

Ces déplacements permettent d’observer les conditions de prise en charge et d’identifier les difficultés rencontrées par les patients et les professionnels de santé. Ils constituent également une occasion d’examiner les besoins en infrastructures, en équipements et en ressources humaines.

L’amélioration des soins psychiatriques repose en effet sur plusieurs éléments : la disponibilité des professionnels qualifiés, la continuité du suivi médical, l’accès aux traitements et la qualité de l’accueil. Le renforcement de ces composantes peut contribuer à améliorer les conditions de vie des personnes prises en charge.

Moderniser les soins et développer les services de proximité

Le projet de santé mentale au Gabon prévoit également l’exploration de partenariats destinés à renforcer les infrastructures spécialisées et la formation du personnel. L’intégration de services de proximité dans les différentes provinces, notamment à Mouila, constitue une piste évoquée pour rapprocher les soins des populations.

Cette orientation pourrait faciliter l’accès aux consultations et limiter les déplacements vers les structures de Libreville. Elle suppose toutefois un développement progressif des moyens humains, matériels et financiers nécessaires au fonctionnement de ces services.

La mise en place d’un réseau de suivi médical et psychologique continu apparaît également essentielle. Elle permettrait d’assurer une meilleure coordination entre les structures de soins, les familles et les acteurs sociaux.

Les avantages et les défis de la réinsertion sociale

La réinsertion sociale des personnes vivant avec des troubles mentaux présente plusieurs avantages. Elle peut contribuer à réduire l’isolement, à améliorer l’accès aux soins et à favoriser une participation plus active à la vie familiale et communautaire. Elle peut également renforcer la dignité des patients et leur permettre de bénéficier d’un accompagnement adapté à leur situation.

Sur le plan sanitaire, le suivi régulier facilite l’identification des besoins et l’ajustement des prises en charge. Sur le plan social, la sensibilisation peut contribuer à réduire les préjugés et à améliorer les relations entre les patients et leur entourage.

Cependant, cette démarche comporte aussi des défis. Le manque éventuel de structures spécialisées, l’insuffisance de personnel qualifié et les difficultés d’accès aux soins dans certaines provinces peuvent limiter son efficacité. La stigmatisation demeure également un obstacle important, tout comme les contraintes financières auxquelles peuvent être confrontées les familles.

La réinsertion nécessite enfin une coordination durable entre les services de santé, les proches et les acteurs sociaux. Sans accompagnement adapté, le retour dans la communauté peut devenir difficile pour certaines personnes.

À travers ce plaidoyer, le ministère de la Santé met donc en avant une approche qui associe soins psychiatriques, accompagnement social et lutte contre la stigmatisation. La réussite de cette orientation dépendra de la capacité du Gabon à renforcer ses infrastructures, à former ses professionnels et à garantir un suivi continu des patients.

Kendra Charlène NDAVOURA

Suivez-nous sur facebook

Retrouvez tous nos articles ici

Ne manquez plus
l'essentiel de l'actualité

Recevez chaque jour les dernières informations, analyses et tendances directement dans votre boîte mail.

Share This Article