La deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale s’est ouverte ce 1er septembre 2026 à Libreville. Si l’examen du projet de loi de finances 2027 constitue le principal rendez-vous de cette session budgétaire, le discours du président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a surtout placé une autre exigence au centre du mandat parlementaire : contrôler concrètement l’action publique et vérifier, sur le terrain, l’exécution des projets financés par l’État.

Du vote du budget au contrôle de son exécution
La rentrée parlementaire ne se résume pas cette année à l’examen du prochain budget de l’État. Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale a rappelé que le vote du budget engage également la responsabilité des parlementaires dans le suivi de son utilisation. Michel Régis Onanga Ndiaye a ainsi insisté sur le fait que le budget de l’État est avant tout celui de la Nation. Une manière de rappeler que le Parlement ne peut se limiter à autoriser les dépenses : il lui revient également d’en contrôler l’exécution et d’évaluer les résultats des politiques publiques. Cette orientation s’inscrit dans les prérogatives constitutionnelles de la représentation nationale. La Constitution confère en effet au Parlement une mission de contrôle de l’action de l’Exécutif, une responsabilité que le chef de l’État avait lui-même rappelée lors de son discours sur l’état de la Nation en juin dernier.

Les députés annoncés de nouveau sur le terrain
C’est probablement l’un des éléments les plus significatifs du discours de rentrée. Après deux mois consacrés à l’intersession, les députés devraient reprendre les missions parlementaires de terrain. L’objectif annoncé est de permettre aux élus de constater directement l’état d’avancement des travaux engagés par l’État, leur niveau d’exécution et leur conformité avec les crédits votés. Ces missions doivent ainsi transformer le contrôle parlementaire en un exercice plus concret, au-delà des débats tenus dans l’hémicycle. Cette démarche prolonge le travail effectué par plusieurs députés durant l’intersession. Dans leurs circonscriptions, les élus ont rencontré les populations et recueilli leurs préoccupations. Routes, eau potable, électricité, santé, logement ou encore emploi figurent parmi les difficultés régulièrement évoquées. Le retour annoncé sur le terrain donne donc une nouvelle dimension à ces remontées. Il ne s’agit plus seulement d’écouter les populations, mais de confronter leurs préoccupations à la réalité des réalisations publiques.
Une nouvelle exigence pour le Parlement
À travers ce discours, le président de l’Assemblée nationale semble vouloir installer une conception plus exigeante du mandat parlementaire. Le député n’est pas uniquement celui qui participe au vote des lois ou du budget. Il doit également être en mesure de vérifier ce que deviennent les décisions prises au Parlement. Cette exigence concerne particulièrement les grands projets d’infrastructures. Routes, établissements sanitaires, écoles, réseaux d’eau ou d’électricité : leur inscription dans les politiques publiques ne suffit pas à mesurer leur efficacité. Leur réalisation, leur qualité, leurs délais et leur impact sur les populations constituent autant d’éléments susceptibles d’être examinés par les parlementaires. Le président de l’Assemblée nationale a d’ailleurs appelé les députés à exercer pleinement leur droit d’amendement et à veiller à une utilisation utile, efficace et transparente des ressources publiques. Le contrôle devient ainsi un prolongement naturel du vote budgétaire.
Le budget 2027 comme premier test
Cette orientation intervient alors que la deuxième session ordinaire de l’année est consacrée en priorité à l’examen du projet de loi de finances 2027. Il s’agit du premier budget annuel de la 14e législature, ce qui donne à son examen une portée particulière. Pour les députés, l’enjeu sera donc double : examiner les choix de recettes et de dépenses proposés pour 2027, mais aussi maintenir une vigilance sur l’utilisation des ressources publiques déjà engagées. Le discours de rentrée place ainsi les parlementaires devant une responsabilité qui dépasse le simple vote des crédits. Une fois les budgets adoptés, encore faut-il pouvoir mesurer ce qu’ils produisent réellement dans les territoires.
Avec l’annonce de la reprise des missions de contrôle, l’Assemblée nationale entend rapprocher davantage son travail de la réalité quotidienne des populations. Le terrain devient alors un espace de vérification, mais aussi un moyen de mesurer l’écart éventuel entre les crédits votés, les projets annoncés et les réalisations effectivement visibles. La deuxième session ordinaire s’ouvre donc sur un enjeu institutionnel majeur : faire du contrôle parlementaire autre chose qu’une disposition constitutionnelle, en le transformant en outil concret d’évaluation de l’action publique. Pour les députés, la question ne sera plus seulement de savoir ce qui a été voté, mais aussi de pouvoir répondre à une interrogation essentielle : qu’est-ce qui a réellement été réalisé avec l’argent public ?
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Rebecca FUNDI


