L’Assemblée nationale gabonaise reprend ses travaux ce 1er septembre 2026 à 10heures, marquant l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année, traditionnellement consacrée aux questions budgétaires. Selon l’article 48 de la Constitution gabonaise, le projet de loi de finances annuelle doit être déposé par le gouvernement à l’ouverture de cette session au plus tard le 30 octobre. Le marathon budgétaire qui va s’ouvrir sera suivi de près, dans un contexte économique national sous tension.
Ce que la session précédente a accompli
La première session ordinaire de 2026, qui s’est achevée le 30 juin, a été particulièrement dense. L’Assemblée nationale a adopté la Loi de finances rectificative 2026, le nouveau Code de la nationalité gabonaise, la réforme du cadre juridique de la communication, le renforcement de la législation antitabac étendue aux produits contenant de la nicotine, ainsi qu’une loi autorisant le président de la République à légiférer par ordonnances pendant l’intersession. Elle a également rejeté un projet de loi bancaire du gouvernement, un vote qui a surpris observateurs et analystes.
Par ailleurs, le gouvernement a défendu devant les députés la Loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, un collectif budgétaire qui a permis d’ajuster plusieurs lignes en cours d’année, notamment pour faire face aux urgences sectorielles et aux réajustements liés à la conjoncture économique mondiale.
La Loi de finances 2027, principal enjeu de la rentrée
Pour cette nouvelle session, c’est la préparation et l’examen du projet de loi de finances 2027 qui va monopoliser l’attention des parlementaires et des observateurs économiques. Ce budget, qui devra être déposé avant le 30 octobre, s’inscrira dans la continuité du Plan national de croissance et de développement 2026-2030, qui fixe une enveloppe globale de 28 000 milliards de FCFA. Les choix budgétaires opérés pour 2027 donneront une indication précieuse sur la capacité réelle de l’État gabonais à financer ses ambitions de diversification économique, tout en respectant les critères de convergence de la CEMAC, notamment la règle limitant le déficit budgétaire à 3 % du PIB.
Des contraintes budgétaires majeures à gérer
Plusieurs dossiers économiques brûlants attendent les parlementaires à la rentrée. La masse salariale de la fonction publique approche les 1 000 milliards de FCFA, dans un contexte où les recettes pétrolières continuent de décliner. La pression sociale est forte : déguerpissements, crise du logement, pénurie d’eau et de gaz, suppressions de bourses vers la France, arriérés de salaires dans certaines entreprises publiques. À cela s’ajoute le dossier SEEG, dont la modernisation nécessite des investissements importants, et celui de la SOGATRA, menacée de grève générale sur fond d’arriérés de salaires.
Surveiller les recettes non pétrolières
L’un des indicateurs clés à suivre lors de l’examen du PLF 2027 sera la trajectoire des recettes non pétrolières. Le gouvernement a engagé une politique de diversification fiscale, avec notamment la taxation des géants du numérique (TikTok, Facebook, X) inscrite dans la LFR 2026, ainsi que la réforme du casier judiciaire et la numérisation de plusieurs services publics. Ces nouvelles sources de recettes devront compenser progressivement le déclin des revenus pétroliers pour financer un budget crédible et soutenable à moyen terme.
Marie Celine AKANDA
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