Côte d’Ivoire : Mahmoud Ali Youssouf et Alassane Ouattara discutent d’industrialisation africaine

Dorina MBA
Mahmoud Ali Youssouf et Alassane Ouattara lors de leur rencontre officielle à Abidjan.

En visite officielle en Côte d’Ivoire, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a rencontré, le mardi 20 octobre 2026, le président de la République, Alassane Ouattara, pour discuter de l’intégration économique du continent et du développement des industries locales. Cette rencontre met notamment l’accent sur la transformation des matières premières en Afrique, une démarche qui vise à créer davantage de valeur ajoutée, à favoriser l’emploi et à renforcer l’autonomie économique des pays africains.

 

La transformation locale des matières premières constitue une piste pour renforcer le tissu industriel africain. En Côte d’Ivoire, cette orientation concerne notamment le cacao, l’anacarde, le coton et l’hévéa, des filières qui offrent des possibilités de production au-delà de l’exportation des matières premières brutes. Le développement d’unités industrielles permettrait de diversifier les activités économiques, de soutenir les entreprises locales et de générer des emplois dans plusieurs secteurs. Cette évolution nécessite cependant des investissements dans les équipements, la formation professionnelle et les infrastructures. Pour les producteurs africains, l’objectif est de participer davantage aux différentes étapes de la production, depuis la récolte jusqu’à la fabrication de produits finis, afin de conserver une part plus importante de la valeur créée sur le continent.

La Zone de libre-échange continentale africaine ZLECAf représente également une possibilité d’élargir les débouchés des industries locales. En facilitant les échanges entre les pays africains, elle peut permettre aux entreprises de commercialiser leurs produits au-delà de leurs marchés nationaux et de développer leurs activités à l’échelle régionale. Lors de son entretien avec Alassane Ouattara, Mahmoud Ali Youssouf a souligné les difficultés qui continuent de ralentir cette dynamique, notamment les obstacles aux frontières, les procédures douanières et l’insuffisance des infrastructures de transport. La réduction de ces contraintes pourrait faciliter l’approvisionnement des unités industrielles et la distribution des marchandises. Un marché africain plus accessible offrirait ainsi aux producteurs des débouchés supplémentaires, à condition que les règles commerciales soient effectivement appliquées et que les entreprises puissent faire face à la concurrence.

La concrétisation de cette ambition dépendra néanmoins des moyens consacrés au développement industriel. L’accès à une énergie fiable, au financement et aux technologies reste déterminant pour permettre aux entreprises d’augmenter leur production et d’améliorer leur compétitivité. Les États doivent également créer des conditions favorables aux investissements et accompagner les petites et moyennes entreprises qui souhaitent se développer sur les marchés régionaux. En Côte d’Ivoire comme dans les autres économies africaines, la transformation des ressources naturelles peut contribuer à diversifier les sources de revenus et à renforcer les capacités productives. La coopération commerciale portée par la ZLECAf pourrait soutenir cette évolution, mais ses retombées dépendront des investissements réalisés et de la capacité des pays à développer des activités industrielles durables. La création d’emplois, l’augmentation de la production locale et une meilleure valorisation des ressources constituent ainsi des résultats attendus de cette orientation économique.

Dorina MBA

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