Le Code du travail gabonais autorise sous conditions certains emplois pour les mineurs pendant les vacances scolaires. Décryptage des règles, des limites et des opportunités pour préparer la rentrée.

À l’approche des grandes vacances, une même scène se répète dans de nombreuses familles gabonaises. Des adolescents cherchent un petit emploi pour gagner un revenu, soutenir leurs parents et préparer la prochaine rentrée scolaire. Vente de fournitures, assistance dans les commerces, activités saisonnières ou petits travaux encadrés : les opportunités existent. Mais que dit réellement la loi gabonaise sur l’emploi des mineurs ?
Sur le plan légal, le Code du travail gabonais encadre strictement l’emploi des mineurs afin de concilier apprentissage de la responsabilité et protection de l’enfance. La Loi n°022/2021 du 19 novembre 2021 portant Code du travail dispose notamment qu’avant l’âge de 16 ans, les enfants ne peuvent être employés à des travaux inadaptés à leur âge ou susceptibles de compromettre leur instruction scolaire obligatoire. Toutefois, la réglementation prévoit certaines dérogations pour des travaux légers réalisés dans des conditions strictement encadrées.
Le Décret n°0651/PR/MTEPS du 13 avril 2011 relatif aux dérogations individuelles à l’âge minimum d’admission à l’emploi autorise ainsi certaines activités temporaires pour les jeunes, sous réserve de l’accord des parents et du respect des règles garantissant leur santé, leur sécurité et leur scolarité. L’esprit de la loi est clair : permettre aux jeunes d’acquérir une première expérience professionnelle sans que celle-ci ne porte atteinte à leur éducation.
Dans les marchés, les commerces ou les petites entreprises familiales, de nombreux jeunes profitent ainsi des vacances pour acquérir une première expérience professionnelle. Pour certains, ces revenus représentent bien plus qu’un simple argent de poche. Ils permettent d’acheter des cahiers, des uniformes, des sacs scolaires ou encore de contribuer aux dépenses de la famille avant la rentrée.
Comme le dit un proverbe gabonais : « Le jeune arbre apprend à résister au vent avant de devenir un grand fromager. »
L’expérience du travail peut en effet constituer une école de responsabilité. Elle permet aux jeunes de découvrir les exigences du monde professionnel, la valeur de l’effort et la gestion de leurs premiers revenus. Mais cette expérience ne doit jamais se transformer en exploitation économique.
La loi est particulièrement stricte concernant les activités dangereuses. Les mineurs ne peuvent être employés dans les mines, les carrières, les travaux de nuit, la manipulation de produits toxiques ou encore les activités susceptibles de porter atteinte à leur santé, leur sécurité ou leur moralité. Les jeunes de moins de 18 ans bénéficient d’une protection renforcée contre ces formes de travail à risque.
Au-delà de l’aspect juridique, la question soulève également un enjeu social. Dans un contexte où le coût de la rentrée scolaire pèse lourdement sur de nombreux ménages, les emplois de vacances peuvent constituer un véritable soutien. Ils permettent à certains jeunes de participer à l’achat de leurs fournitures scolaires tout en développant des compétences utiles pour leur avenir.
Cependant, les spécialistes du travail rappellent qu’un emploi de vacances doit rester une activité temporaire et éducative. L’objectif n’est pas de remplacer l’école par le travail, mais de permettre au jeune d’acquérir une expérience valorisante sans compromettre son parcours académique.
« L’enfant qui apprend un métier prépare son avenir, mais l’enfant qui abandonne l’école compromet ses chances », rappelle un adage populaire souvent entendu dans les familles gabonaises.
Le défi pour les pouvoirs publics, les entreprises et les parents consiste donc à trouver le juste équilibre entre protection de l’enfance et insertion progressive des jeunes dans le monde du travail. Car lorsque les règles sont respectées, les emplois de vacances peuvent devenir un véritable tremplin vers l’autonomie et la réussite scolaire.
À l’heure où de nombreux adolescents cherchent une activité pour financer leur prochaine rentrée, le message de la loi gabonaise est clair : oui au travail des jeunes dans un cadre légal et protecteur, non à toute forme d’exploitation ou d’activité susceptible de mettre en danger leur avenir.
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Reve NGOUL-ALY


