À quelques kilomètres du centre de Libreville, les habitants de Bizango Bibèrè vivent dans des conditions particulièrement difficiles. Dans ce quartier situé après les rails, les populations dénoncent l’absence de services publics essentiels. Pas de réseau d’eau potable, une desserte électrique insuffisante et des routes presque impraticables. Une réalité qui soulève des interrogations sur l’accès aux infrastructures de base dans certaines zones de la capitale gabonaise.
L’eau, un combat quotidien pour les habitants

À Bizango Bibèrè, le problème n’est pas celui de coupures répétées ou d’une baisse de pression dans les robinets. Pour les habitants, la situation est plus radicale : il n’y a tout simplement pas de réseau d’eau potable. Dans plusieurs secteurs du quartier, aucune canalisation n’a été installée. Les ménages ne disposent ni de robinets ni de raccordements permettant d’accéder à l’eau distribuée par le réseau public. Pour faire face à cette situation, les populations ont développé leurs propres solutions. Beaucoup ont creusé des puits à proximité de leurs habitations afin de collecter l’eau de pluie et les eaux souterraines. Cette ressource est principalement utilisée pour les tâches ménagères, la lessive, la vaisselle ou encore la toilette. Lorsque les moyens financiers le permettent, certaines familles achètent de l’eau minérale destinée à la consommation. Les autres sont contraintes de parcourir plusieurs kilomètres pour s’approvisionner dans les quartiers voisins, notamment à PK13 ou à Bikélé. La situation devient particulièrement difficile pendant la saison sèche. Les pluies se raréfient, les puits s’assèchent progressivement et l’accès à l’eau devient un véritable défi pour de nombreux foyers.
Une électricité accessible au prix de nombreux sacrifices
Les difficultés ne s’arrêtent pas à l’approvisionnement en eau. Selon les habitants, le réseau de distribution électrique basse tension s’arrête avant les rails. Au-delà de cette limite, dans une grande partie de Bizango Bibèrè, il n’existerait pas de desserte électrique domestique permettant aux ménages d’installer un compteur à proximité de leur domicile. Pour obtenir de l’électricité, de nombreuses familles sont contraintes de faire installer leurs compteurs avant les rails puis de tirer de longs câbles sur plusieurs dizaines de mètres jusqu’à leurs habitations. Cette configuration entraîne d’importantes pertes de puissance. À partir de la fin de journée, les baisses de tension deviennent fréquentes, limitant l’utilisation des appareils électroménagers et compliquant l’accès à des services aussi simples que l’éclairage ou la télévision. Les habitants s’interrogent également sur l’utilisation d’un transformateur installé après les rails, qui selon eux pourrait contribuer à améliorer l’alimentation électrique du secteur.
Une route devenue symbole de l’enclavement du quartier

Le troisième défi majeur concerne l’état des voies d’accès. La route longeant les rails est décrite par les populations comme fortement dégradée. Entre nids-de-poule, bourbiers et accumulations d’eau de pluie, la circulation y est particulièrement difficile. Pendant certaines périodes, seuls des véhicules adaptés, notamment des pick-up, parviennent à emprunter cet axe. Ces derniers assurent parfois le transport des habitants dans des conditions précaires, faute d’alternative. Pour de nombreux riverains, ces difficultés compliquent les déplacements quotidiens vers les lieux de travail, les établissements scolaires ou les centres de santé.
Une question d’aménagement du territoire
La situation de Bizango Bibèrè soulève une question plus large sur l’aménagement urbain dans le Grand Libreville. Alors que plusieurs projets structurants sont annoncés sur les grands axes routiers de la capitale, notamment autour du carrefour du PK12, les habitants de ce quartier estiment que les infrastructures de base tardent à atteindre leur zone d’habitation. L’accès à l’eau potable, à l’électricité et à des routes praticables constitue pourtant un élément essentiel du développement urbain et de l’amélioration des conditions de vie.
Les habitants attendent des réponses
Face à ces difficultés, les populations de Bizango Bibèrè souhaitent connaître les perspectives d’amélioration de leur cadre de vie. Le quartier est-il intégré aux futurs programmes d’extension des réseaux d’eau et d’électricité ? Des travaux routiers sont-ils prévus dans cette zone ? Quel calendrier les autorités envisagent-elles pour répondre à ces besoins ? Autant de questions qui demeurent aujourd’hui sans réponse pour de nombreux habitants, alors que plusieurs familles affirment vivre depuis des années sans accès aux services essentiels.


