CNAMGS : Oligui Nguema mise sur le numerique pour élargir l’assiette des cotisants

ONASIA MABITI

Face aux difficultés de financement de la protection sociale, le président de la République veut accélérer la digitalisation des paiements et intégrer davantage d’acteurs du secteur informel dans le système contributif.

CNAMGS

Un système de protection sociale sous pression

La réforme du financement de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) s’impose désormais comme une priorité pour les autorités gabonaises. Lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé le 15 juin 2026 devant le Parlement réuni en congrès, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a alerté sur la fragilité du système actuel. Le chef de l’État a mis en avant un déséquilibre structurel entre le nombre de cotisants et celui des bénéficiaires. Selon les chiffres avancés, environ 660 000 contributeurs financent la couverture sociale de près de 1,3 million de personnes. Une situation jugée difficilement soutenable à long terme sans réforme profonde.

Le secteur informel au cœur de la réforme

Pour élargir la base de financement, le président appelle à une meilleure intégration du secteur informel dans le système de protection sociale. Commerçants, coiffeuses, cordonniers, personnels de maison, vulcanisateurs ou encore vendeuses de marchés sont concernés par cette orientation. Brice Clotaire Oligui Nguema estime que ces activités génératrices de revenus doivent contribuer à l’effort national tout en bénéficiant d’une couverture sociale adaptée. Il a également invité les parlementaires à jouer un rôle clé dans la sensibilisation des populations, notamment autour du Fonds 4 destiné à structurer cette intégration.

La digitalisation comme levier de transparence

Au cœur de la réforme figure la digitalisation des paiements dans les marchés municipaux. Le président propose un système automatisé de répartition des recettes, afin d’assurer une meilleure traçabilité des fonds publics. Concrètement, une redevance de marché serait répartie entre les communes, la CNSS et la CNAMGS via une plateforme numérique. Cette approche vise à réduire les pertes financières, renforcer le recouvrement et améliorer la gestion des ressources sociales.

Mettre fin à la circulation de l’argent liquide

Dans son intervention, le chef de l’État a tenu un propos particulièrement ferme sur la gestion des recettes publiques. Il a dénoncé les circuits informels de collecte et la circulation de l’argent liquide. « Je ne veux plus voir l’argent circuler dans les sacs, ça fait sale ! », a-t-il déclaré devant les parlementaires. Cette phrase illustre sa volonté d’imposer des paiements entièrement numérisés et traçables, afin de renforcer la transparence et limiter les risques de détournement dans la gestion publique.

Un audit pour assainir la CNAMGS

Dans le même élan, un audit de la CNAMGS a été annoncé. Celui-ci devra permettre de mieux identifier les bénéficiaires réellement éligibles et de lutter contre les abus qui fragilisent le système. L’objectif est de recentrer les prestations sociales sur les populations les plus vulnérables, tout en assainissant la gestion de l’organisme.

À travers ces différentes mesures, les autorités entendent poser les bases d’un système de protection sociale plus moderne, plus transparent et mieux financé. La digitalisation, l’élargissement de l’assiette des cotisants et le contrôle renforcé des bénéficiaires constituent les piliers de cette réforme, qui vise à garantir la durabilité du modèle social gabonais.

 

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