RDC : le débat sur un troisième mandat

Lauraine

En République démocratique du Congo, la validation d’une loi référendaire par la Cour constitutionnelle relance le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution et un possible troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

 

troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

 

La décision de la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo de valider la loi référendaire continue de susciter des réactions à travers le pays. À Kinshasa, plusieurs citoyens interrogés ont exprimé leur soutien à cette réforme, estimant qu’elle pourrait permettre d’adapter les institutions aux défis actuels du pays et ouvrir la voie à une nouvelle dynamique politique.

Pour de nombreux partisans de cette initiative, le contexte sécuritaire, économique et institutionnel justifie une révision des mécanismes constitutionnels. Ils estiment que le pays a besoin de nouvelles réformes afin de renforcer la gouvernance et de mieux répondre aux attentes de la population.

« Cette loi référendaire est importante pour notre pays. Nous traversons une période particulière et il est nécessaire de réajuster certaines choses pour permettre à la République démocratique du Congo d’avancer », a déclaré Martine Kabangu, habitante de Kinshasa, qui affirme soutenir pleinement cette initiative.

Le même sentiment est partagé par Bosco Kimbi, également résident de la capitale congolaise. Selon lui, l’organisation d’un référendum pourrait permettre au pays de se doter d’une Constitution davantage adaptée aux réalités actuelles. Il estime qu’une réforme contribuerait à mieux protéger les intérêts de la nation et à renforcer les institutions face aux nombreux défis auxquels la RDC est confrontée.

Cette validation intervient alors que le débat politique reste particulièrement sensible. Élu en 2019 puis réélu en 2023, le président Félix Tshisekedi effectue actuellement son deuxième mandat, qui doit s’achever en 2028. La Constitution congolaise limite aujourd’hui le chef de l’État à deux mandats présidentiels et interdit toute révision portant sur leur nombre ou leur durée.

Toutefois, la nouvelle loi référendaire, validée par la Cour constitutionnelle, modifie les règles encadrant les référendums constitutionnels. Selon le président de la haute juridiction, Dieudonné Kamuleta Badibanga, le texte est conforme aux dispositions constitutionnelles en vigueur. Les nouvelles dispositions autorisent notamment le recours à une assemblée constituante suivie d’un référendum en cas de « dysfonctionnement majeur » des institutions de l’État.

Cette évolution nourrit les inquiétudes d’une partie de l’opposition, qui redoute qu’elle puisse servir de base à une modification de la Constitution et, à terme, permettre au président en exercice de briguer un nouveau mandat. De son côté, Félix Tshisekedi a toujours rejeté cette interprétation. Lors d’une conférence de presse organisée en mai dernier, le chef de l’État avait néanmoins déclaré que, si le peuple congolais souhaitait le voir exercer un troisième mandat, il accepterait cette décision.

La validation de cette loi ouvre désormais une nouvelle séquence politique en République démocratique du Congo. Si une partie de la population y voit une opportunité de moderniser les institutions, l’opposition promet de rester mobilisée afin de préserver les dispositions constitutionnelles qu’elle considère comme intangibles. Les prochains mois devraient ainsi être décisifs pour l’avenir institutionnel et politique du pays.

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Reve NGOUL-ALY

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