Chaque 22 septembre, le monde se mobilise autour de la Journée mondiale de sensibilisation à leucémie myéloïde chronique (LMC), une maladie du sang qui nécessite une prise en charge médicale et un suivi réguliers.l
Cette date n’a pas été choisie au hasard. Le 9/22 fait référence aux chromosomes 9 et 22 impliqués dans l’anomalie génétique caractéristique de la LMC, à l’origine notamment du gène de fusion BCR::ABL1. La Journée mondiale de la LMC a été lancée en 2011 à l’initiative de LMC France, avec le soutien du réseau international des associations de patients
En 2026, la campagne internationale met particulièrement l’accent sur l’accès au traitement mais aussi sur la qualité du suivi et du monitoring de la maladie. Le réseau CML Advocates Network souligne notamment l’importance de disposer de laboratoires fiables et d’analyses régulières permettant aux équipes médicales de vérifier l’efficacité du traitement.
Qu’est-ce que la leucémie myéloïde chronique ?
La leucémie myéloïde chronique, ou LMC, est un cancer du sang qui prend naissance au niveau de la moelle osseuse. Elle est caractérisée, dans la grande majorité des cas, par la présence de l’anomalie BCR::ABL1, résultant d’un échange de matériel génétique entre les chromosomes 9 et 22.
Cette anomalie conduit à la production d’une protéine anormale qui stimule de manière continue la multiplication de certaines cellules sanguines. Les traitements modernes, notamment les inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK), ont profondément transformé la prise en charge de la LMC.
La LMC peut parfois évoluer avec peu de symptômes au début. Une fatigue persistante, une perte de poids inexpliquée, des sueurs nocturnes, une sensation de pesanteur abdominale liée à une augmentation de la rate ou encore certaines anomalies de la numération sanguine peuvent conduire à des examens complémentaires.
Ces signes ne sont toutefois pas spécifiques de la LMC. Seul un professionnel de santé peut établir un diagnostic.
Au Gabon, sensibiliser pour favoriser un diagnostic plus précoce
Au Gabon, comme dans de nombreux pays africains, la sensibilisation aux cancers du sang constitue un enjeu important de santé publique.
La Journée mondiale du 22 septembre offre une occasion de mieux faire connaître la LMC auprès du grand public, mais aussi de rappeler l’importance de l’accès aux consultations spécialisées, aux examens biologiques et au suivi médical.
Pour les patients gabonais, l’enjeu ne se limite pas à obtenir un diagnostic. La prise en charge d’une LMC s’inscrit généralement dans la durée. L’accès régulier au médicament prescrit, aux consultations et aux examens permettant de mesurer la réponse au traitement est essentiel.
Cette question du suivi est particulièrement mise en avant par la campagne mondiale de 2026 : avoir accès au traitement ne suffit pas ; il faut également pouvoir vérifier régulièrement son efficacité.
L’Afrique face au défi de l’accès aux traitements contre la LMC
Le défi dépasse largement les frontières du Gabon.
Une analyse présentée en 2026 à partir de 47 pays à revenu faible ou intermédiaire montre d’importantes disparités dans l’accès aux inhibiteurs de tyrosine kinase. Selon cette étude, les programmes de la Max Foundation fournissaient des ITK à 15 744 patients dans les pays étudiés, tandis que la couverture estimée des besoins restait inférieure à 25 % dans 17 pays. Les auteurs soulignent toutefois que ces estimations reposent sur des données disponibles et que les situations varient considérablement d’un pays à l’autre.
Ces chiffres illustrent une réalité importante pour l’Afrique : les progrès thérapeutiques de la LMC doivent être accompagnés d’un accès équitable au diagnostic, aux médicaments et au suivi biologique.
Il ne s’agit donc plus seulement de parler de disponibilité des traitements. Il faut également s’intéresser à la continuité des soins, à la capacité des systèmes de santé à assurer le suivi des patients et à la disponibilité des examens spécialisés.
Pourquoi le suivi biologique est-il si important ?
Les traitements ciblés ont changé l’histoire naturelle de la LMC. Mais leur efficacité doit être évaluée dans le temps.
Le suivi permet notamment aux médecins de déterminer si la maladie répond correctement au traitement et d’identifier une éventuelle réponse insuffisante nécessitant une réévaluation de la prise en charge.
Le suivi moléculaire, notamment grâce aux techniques permettant de mesurer le niveau de BCR::ABL1, occupe ainsi une place importante dans la prise en charge contemporaine de la LMC. La campagne 2026 de la Journée mondiale de la LMC insiste précisément sur cet aspect : monitoring today, better tomorrows — autrement dit, mieux surveiller aujourd’hui pour mieux préparer l’avenir des patients.
Gabon : placer le patient au centre de la sensibilisation
Au Gabon, la Journée mondiale de la LMC peut également être l’occasion de renforcer le dialogue entre patients, familles, médecins, biologistes, pharmaciens, associations et pouvoirs publics.
Une meilleure connaissance de la maladie peut contribuer à réduire les idées reçues autour du cancer et à encourager les personnes présentant des symptômes persistants à consulter.
Pour les patients déjà diagnostiqués, le message est également important : le suivi médical ne doit pas être interrompu sans avis du médecin, même lorsque l’état de santé semble s’améliorer.
La prise en charge doit être individualisée par une équipe médicale, en fonction notamment de la phase de la maladie, de la réponse au traitement et de l’état général du patient.
Une journée mondiale, mais des enjeux profondément africains
La Journée mondiale de sensibilisation à la leucémie myéloïde chronique rappelle que les avancées scientifiques n’ont de véritable impact que lorsqu’elles peuvent bénéficier aux patients.
En Afrique, cette ambition passe notamment par :
-
une meilleure sensibilisation aux cancers du sang ;
-
l’amélioration des capacités de diagnostic ;
-
l’accès aux traitements recommandés ;
-
la disponibilité des examens de suivi ;
-
la formation continue des professionnels de santé ;
-
l’accompagnement des patients et de leurs familles ;
-
le renforcement des collaborations entre acteurs de santé et organisations de patients.
Le réseau CML Advocates Network rassemble aujourd’hui des organisations de patients de nombreux pays et fait de l’accès équitable aux soins et au partage d’expérience des axes importants de son action.
Le 22 septembre, un message d’espoir pour les patients gabonais et africains
La Journée mondiale de sensibilisation à la leucémie myéloïde chronique 2026 est donc bien plus qu’une date inscrite dans le calendrier sanitaire.
Elle constitue une occasion de rappeler que derrière chaque diagnostic se trouve une personne, une famille et un parcours de soins.
Au Gabon comme dans le reste de l’Afrique, mieux faire connaître la LMC, favoriser le diagnostic, garantir la continuité des traitements et renforcer le suivi des patients sont autant de leviers pour faire progresser la prise en charge.
En ce 22 septembre, le message est simple : mieux connaître la leucémie myéloïde chronique, c’est aussi mieux comprendre les besoins de ceux qui vivent avec elle.
Et alors que les traitements ciblés ont considérablement changé la prise en charge de la maladie au cours des 25 dernières années, le défi pour les prochaines années est de faire en sorte que ces progrès soient accessibles au plus grand nombre, au Gabon, en Afrique et partout dans le monde.
À retenir
22 septembre : Journée mondiale de sensibilisation à la leucémie myéloïde chronique (LMC).
Au Gabon et en Afrique, la sensibilisation doit aller de pair avec l’accès au diagnostic, aux traitements et au suivi médical.
Important : cet article est destiné à l’information et à la sensibilisation. Il ne remplace pas une consultation médicale ni les recommandations d’un professionnel de santé



