Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale du manganèse. Le jeudi 5 novembre 2026, à Pékin, la République gabonaise, le groupe minier français Eramet, à travers sa filiale Comilog, et l’entreprise chinoise Sinohydro ont signé une lettre d’intention portant sur l’approvisionnement en électricité d’un projet de future usine d’alliages de manganèse. Cette initiative vise à identifier des solutions énergétiques capables de répondre aux besoins d’une activité industrielle particulièrement consommatrice d’électricité.

L’énergie, une condition essentielle à l’industrialisation
La transformation du minerai de manganèse nécessite des installations industrielles capables de fonctionner avec une alimentation électrique importante, stable et compétitive. C’est précisément sur cette question que porte la collaboration entre les trois partenaires. La lettre d’intention prévoit notamment l’étude de solutions hydroélectriques, à travers le développement éventuel d’une ou de plusieurs centrales. Sinohydro, filiale du groupe chinois PowerChina et spécialisée dans les infrastructures hydroélectriques, sera associée à l’examen des possibilités techniques. Les travaux devront permettre d’évaluer les capacités de production nécessaires, les solutions envisageables ainsi que les conditions commerciales et financières d’une éventuelle coopération. L’objectif est de garantir à la future usine un approvisionnement énergétique adapté à ses besoins.
Le projet industriel concerné porte sur la mise en place d’une usine d’alliages de manganèse dans la région de Libreville. Cette infrastructure s’inscrit dans la volonté des autorités de développer davantage la transformation des ressources minières sur le territoire national. Pour le Gabon, l’enjeu est de ne plus limiter la valorisation du manganèse à son extraction et à son exportation. La transformation locale permettrait de produire des matériaux à plus forte valeur ajoutée, destinés notamment aux industries métallurgiques et à la fabrication de produits utilisés dans différents secteurs industriels. Au-delà de l’alimentation de cette future unité, les nouvelles capacités de production électrique envisagées pourraient également contribuer au renforcement de l’offre énergétique nationale. Toutefois, cet apport dépendra des caractéristiques des projets hydroélectriques qui seront retenus à l’issue des études.
Cette nouvelle initiative prolonge le protocole d’accord signé le 20 juillet 2026 entre l’État gabonais, Eramet et sa filiale Comilog. Ce document établit une feuille de route industrielle destinée à augmenter progressivement les volumes de manganèse transformés au Gabon. Trois scénarios industriels sont notamment à l’étude, avec un objectif pouvant atteindre 700 000 tonnes de minerai transformées localement chaque année d’ici la fin de 2031. Les projets envisagés concernent notamment la production d’oxyde de manganèse, destiné entre autres aux batteries et aux aciers à haute performance, ainsi que le développement d’unités de production d’alliages. Cette ambition repose toutefois sur plusieurs conditions, notamment la disponibilité de l’électricité, la viabilité économique des installations et la réalisation des investissements nécessaires. La signature de cette lettre d’intention à Pékin constitue donc une étape préparatoire dans la mise en œuvre de cette feuille de route. Les études à venir devront préciser les solutions énergétiques et les modalités de coopération entre les partenaires. Pour le Gabon, le défi sera de faire correspondre le développement de ses capacités électriques à ses ambitions de transformation industrielle.
Kendra Charlène NDAVOURA
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