Division de la SEEG : le Sénat s’empare du dossier de la réforme

Dorina MBA
Débats au Sénat sur le projet de division de la SEEG et la réforme des secteurs de l'eau et de l'électricité.

Le projet de division de la Société d’énergie et d’eau du Gabon SEEG en deux entités distinctes a été présenté par le gouvernement. C’était récemment au Palais Omar Bongo Ondimba, devant les sénateurs de la sixième législature, sous la houlette du président de l’institution, François Ndong Obiang, avec pour objectif officiel de moderniser les infrastructures et de répondre à la demande sociale.

 

En effet, derrière l’affichage politique d’une modernisation salvatrice se cache une manœuvre de restructuration profonde que l’exécutif tente d’imposer pour redresser un secteur névralgique. En dissociant la production et la distribution de l’eau de celle de l’électricité, les autorités, par la voix du ministre Olivier Mouckocko, espèrent insuffler un dynamisme inédit à la gouvernance publique. Les projets de loi portant création de la Gabonaise des Eaux et d’Électricité du Gabon visent à confier à chaque entité une feuille de route spécialisée. La première aura pour mission spécifique d’étendre le réseau et de garantir l’accès à l’eau potable, tandis que la seconde devra assurer la continuité et la stabilité du réseau électrique national. Cette partition administrative ressemble fort à un pari audacieux, tant l’héritage des dysfonctionnements accumulés et l’endettement structurel ont laissé des traces durables dans le quotidien des usagers comme dans les comptes publics.

Néanmoins, les parlementaires menés par les figures de la haute chambre ne s’y sont pas trompés, transformant cet examen en une véritable tribune de la vigilance institutionnelle. Si l’objectif officiel est de soigner les maux chroniques des abonnés, les sénateurs ont rapidement pointé du doigt la fragilité économique du modèle proposé. Les débats ont mis en lumière plusieurs zones d’ombre, notamment sur l’articulation future entre ces nouvelles sociétés et les organismes déjà existants, tels que la Société de Patrimoine ou le Conseil national de l’eau et de l’électricité. L’ombre plane surtout d’une explosion incontrôlée des charges de fonctionnement due à la duplication des directoires et des services administratifs, un scénario redouté qui pèserait lourdement sur des citoyens déjà confrontés à des coupures récurrentes et un pouvoir d’achat sous tension.

Dès lors, cette transition institutionnelle laisse entrevoir plus d’interrogations qu’elle n’apporte de garanties immédiates à court terme pour la population. La commission compétente du Sénat entend approfondir l’examen des textes complémentaires et consulter des experts pour évaluer l’impact financier global, et le doute persiste sur le terrain. La réussite de ce grand découpage ne se mesurera pas à la simple création de nouveaux sigles institutionnels, mais à la capacité réelle des nouvelles entreprises d’État à moderniser le réseau et à offrir un service continu, sans alourdir la facture mensuelle des ménages gabonais.

 

Dorina MBA

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