Gabon : BW Energy découvre 65 millions de barils au large de Mayumba, une bouffée d’oxygène pour le secteur pétrolier

Kendra Charlène NDAVOURA

BW Energy a annoncé le 4 septembre 2026 une découverte d’huile sur la structure Hibiscus, c’est un sous-sol marin gabonais vient de livrer un nouveau signal dans le permis Dussafu Marin, au large de Mayumba, dans le sud du Gabon. Les premières estimations évoquent une colonne d’huile d’environ 16 mètres et un potentiel pouvant atteindre 65 millions de barils d’huile en place, faisant de cette annonce l’une des plus importantes de l’industrie pétrolière gabonaise ces dernières années.

Un actif offshore déjà stratégique qui prend une nouvelle dimension

Le permis Dussafu Marin n’est pas un inconnu dans le paysage énergétique gabonais. BW Energy en est l’opérateur principal avec une participation de 73,5 %, aux côtés de Panoro Energy à hauteur de 17,5 % et de la Gabon Oil Company, bras armé de l’État gabonais dans le secteur, avec 9 % des parts. Ce permis constitue déjà l’un des principaux actifs pétroliers offshore du pays, avec une production brute moyenne qui a progressé de 27 700 barils par jour en 2024 à environ 33 125 barils par jour en 2025 , soit une hausse de près de 20 % en un an.

Cette nouvelle découverte sur la structure Hibiscus s’inscrit dans la continuité d’une série d’avancées significatives sur ce même bloc. En mars 2025, BW Energy avait déjà annoncé une découverte sur le prospect Bourdon, avec un potentiel estimé à 56 millions de barils en place dont 25 millions récupérables. Le PDG de BW Energy, Carl K. Arnet, avait alors évoqué la création d’un nouveau pôle de développement autonome avec au moins quatre puits de production. La découverte de septembre 2026 ajoute une nouvelle pièce à ce puzzle géologique favorable.

65 millions de barils en place : des chiffres à manier avec précision

Avant tout enthousiasme excessif, une précision s’impose. Les 65 millions de barils annoncés correspondent à une estimation des volumes en place, et non à des réserves prouvées ou immédiatement récupérables. La confirmation de la qualité du réservoir, de son potentiel commercial et des conditions techniques permettant d’en extraire les volumes dans des conditions économiquement viables reste à venir. Des forages d’évaluation supplémentaires seront nécessaires avant que BW Energy ne définisse une stratégie de développement précise.

Néanmoins, les caractéristiques techniques déjà identifiées sont encourageantes. L’opérateur évoque par ailleurs deux forages supplémentaires susceptibles d’ajouter environ 9 500 barils par jour de production et près de 12 millions de barils de réserves complémentaires, avec l’ambition de porter la production globale du permis vers 50 000 barils par jour à terme.

Un signal fort pour un pays en quête de diversification de ses recettes

Pour le Gabon, cette découverte tombe à un moment particulièrement stratégique. Le pays fait face depuis plusieurs années à un déclin structurel de sa production pétrolière, liée à la maturation progressive de ses gisements historiques. Ce déclin pèse lourdement sur les recettes de l’État, dans un contexte où le pétrole représente encore une part significative des exportations nationales et des recettes budgétaires.

La découverte au large de Mayumba envoie donc un signal important : le bassin offshore gabonais recèle encore un potentiel inexploré, et les investissements en exploration continuent de porter leurs fruits. Pour un gouvernement engagé dans un plan de développement ambitieux qui nécessite des ressources considérables, chaque baril découvert représente une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire mais à condition, bien sûr, que la découverte se confirme exploitable dans des conditions économiques viables.

 La Gabon Oil Company au cœur du dispositif

La présence de la Gabon Oil Company dans le consortium opérant le permis Dussafu mérite d’être soulignée. Cette société nationale, chargée de représenter les intérêts de l’État gabonais dans le secteur pétrolier, est directement concernée par les retombées économiques de cette découverte. Chaque augmentation de production sur ce bloc se traduit par des revenus additionnels pour l’État, via les redevances, la fiscalité pétrolière et les dividendes liés à sa participation directe. Un enjeu de souveraineté économique qui s’inscrit parfaitement dans les ambitions du PNCD 2026-2030.

Marie Celine AKANDA

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