Gabon : le conflit homme-éléphant franchit un nouveau cap et menace l’activité économique

REBECCA FUNDI

Longtemps limité aux cultures vivrières des populations rurales, le conflit entre les hommes et les éléphants prend désormais une dimension économique majeure au Gabon. Le groupe agro-industriel Olam Gabon affirme que les incursions répétées des pachydermes ont causé d’importants dégâts dans ses plantations de palmiers à huile, au point d’envisager la fermeture de certains sites de production. Une situation qui relance le débat sur la coexistence entre développement économique et protection de la biodiversité.  

Un problème qui dépasse désormais les villages

Depuis plusieurs années, les agriculteurs gabonais dénoncent les destructions causées par les éléphants dans les plantations vivrières. Dans plusieurs provinces, les populations rurales affirment perdre régulièrement leurs récoltes à cause des incursions nocturnes de ces animaux protégés. Mais le phénomène ne touche plus uniquement les petits producteurs. Selon Olam Gabon, acteur majeur de la filière huile de palme, les dégâts enregistrés dans certaines plantations atteignent des niveaux préoccupants. L’entreprise évoque des pertes importantes de surfaces cultivées et des conséquences directes sur sa rentabilité.  

Olam tire la sonnette d’alarme

Lors d’échanges récents avec les autorités gabonaises, les responsables d’Olam Gabon ont indiqué que les éléphants provoquent des dégâts considérables dans plusieurs plantations. Selon l’entreprise, certaines zones enregistreraient jusqu’à 46 % de surfaces affectées par les incursions de la faune sauvage. Cette situation menace directement l’activité de plusieurs sites, notamment celui de Makouké, dans la province du Moyen-Ogooué, où les tensions liées à la présence des éléphants sont déjà récurrentes.  

Entre préservation de la biodiversité et impératifs économiques

Le Gabon abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants de forêt d’Afrique. Cette richesse écologique constitue un atout majeur pour le pays, mais elle engendre également des tensions croissantes avec les activités agricoles et agro-industrielles. Face à cette situation, plusieurs dispositifs ont été mis en place, notamment le déploiement de clôtures électriques et la création de bases provinciales dédiées à la gestion du conflit homme-faune. Les autorités espèrent ainsi réduire les dégâts tout en maintenant la protection de l’espèce.  

Un défi pour la stratégie agricole du Gabon

Au-delà de la question environnementale, cette crise soulève un enjeu économique important. Le développement de l’agriculture et de l’agro-industrie constitue l’un des axes majeurs de diversification économique du Gabon. Si les dégâts causés par les éléphants continuent de s’aggraver, ils pourraient freiner certains investissements et compliquer les objectifs de souveraineté alimentaire et de transformation locale portés par les autorités.  

L’affrontement entre les activités humaines et les éléphants n’est plus seulement un problème rural. Avec les difficultés rencontrées par Olam Gabon, le conflit homme-éléphant devient désormais une question économique nationale. Le défi pour les autorités sera de trouver un équilibre entre la préservation d’une espèce emblématique et la protection des activités agricoles indispensables au développement du pays.  

Suivez-nous sur Facebook 

Rebecca FUNDI 

Ne manquez plus
l'essentiel de l'actualité

Recevez chaque jour les dernières informations, analyses et tendances directement dans votre boîte mail.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Share This Article