Gabon: Purge historique des partis politiques

ONASIA MABITI

Dans exactement 18 jours, le Gabon pourrait vivre le plus grand séisme de son paysage politique depuis l’indépendance. Le 27 juin 2026, les formations qui ne seront pas en conformité avec la nouvelle loi sur les partis politiques perdront purement et simplement leur reconnaissance légale. Avec seulement une poignée de partis en règle sur plus d’une centaine recensés, la menace d’une purge historique est réelle. Et le gouvernement, lui, ne bougera pas d’un centimètre.

partis politiques

Une loi née des cendres du Dialogue national

Tout commence en juin 2025. Issue des recommandations du Dialogue national inclusif de 2024, cette réforme vise à mettre fin aux partis-mallettes, ces formations basées uniquement à Libreville sans véritable ancrage national. La loi n°016/2025 est adoptée et un délai de douze mois accordé à toutes les formations pour s’y conformer. À l’époque, un an semblait large. Aujourd’hui, le temps manque cruellement.

Des exigences qui font le tri

La loi ne laisse aucune place à l’improvisation. Les formations politiques doivent déposer un dossier complet auprès du ministère de l’Intérieur, incluant statuts, règlement intérieur, pièces d’identité des dirigeants et justification d’au moins 10 000 adhérents répartis sur les neuf provinces du pays, chacun identifié par son numéro d’identification personnelle. Mais ce n’est pas tout. Des exigences supplémentaires incluent un siège physique fonctionnel, un compte bancaire dédié et une comptabilité supervisée par la Cour des comptes. Un cahier des charges costaud, conçu pour ne laisser survivre que les partis véritablement structurés.

Un bilan accablant : presque personne n’est prêt

La réalité est brutale. L’immense majorité des formations politiques du pays se trouve actuellement hors-la-loi. Sur les 104 partis officiellement enregistrés au ministère de l’Intérieur, seuls quatre ont déposé un dossier complet et conforme aux nouvelles exigences législatives. Fin avril, ce chiffre avait légèrement progressé : sur plus d’une centaine de formations officiellement recensées, seules dix avaient franchi le cap de la mise en conformité. Mais le compte n’y est toujours pas, à 18 jours de la ligne d’arrivée.

Les quatre « rescapés » : tous proches du pouvoir

Le profil des partis en règle interpelle. Seules l’Union démocratique des bâtisseurs, formation au pouvoir, le Parti démocratique gabonais, l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement pour la patrie et la modernité et l’Union pour la République, soit quatre formations proches de la majorité présidentielle, seraient actuellement en règle. Une configuration qui nourrit les interrogations sur l’équité de la réforme, et sur le sort qui attend les partis d’opposition les moins bien dotés.

Une loi née des cendres du Dialogue national

Tout commence en juin 2025. Issue des recommandations du Dialogue national inclusif de 2024, cette réforme vise à mettre fin aux partis-mallettes, ces formations basées uniquement à Libreville sans véritable ancrage national. La loi n°016/2025 est adoptée et un délai de douze mois accordé à toutes les formations pour s’y conformer. À l’époque, un an semblait large. Aujourd’hui, le temps manque cruellement.

Des exigences qui font le tri

La loi ne laisse aucune place à l’improvisation. Les formations politiques doivent déposer un dossier complet auprès du ministère de l’Intérieur, incluant statuts, règlement intérieur, pièces d’identité des dirigeants et justification d’au moins 10 000 adhérents répartis sur les neuf provinces du pays, chacun identifié par son numéro d’identification personnelle. Mais ce n’est pas tout. Des exigences supplémentaires incluent un siège physique fonctionnel, un compte bancaire dédié et une comptabilité supervisée par la Cour des comptes. Un cahier des charges costaud, conçu pour ne laisser survivre que les partis véritablement structurés.

Un bilan accablant : presque personne n’est prêt

La réalité est brutale. L’immense majorité des formations politiques du pays se trouve actuellement hors-la-loi. Sur les 104 partis officiellement enregistrés au ministère de l’Intérieur, seuls quatre ont déposé un dossier complet et conforme aux nouvelles exigences législatives. Fin avril, ce chiffre avait légèrement progressé : sur plus d’une centaine de formations officiellement recensées, seules dix avaient franchi le cap de la mise en conformité. Mais le compte n’y est toujours pas, à 18 jours de la ligne d’arrivée.

Les quatre « rescapés » : tous proches du pouvoir

Le profil des partis en règle interpelle. Seules l’Union démocratique des bâtisseurs, formation au pouvoir, le Parti démocratique gabonais, l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement pour la patrie et la modernité et l’Union pour la République, soit quatre formations proches de la majorité présidentielle, seraient actuellement en règle. Une configuration qui nourrit les interrogations sur l’équité de la réforme, et sur le sort qui attend les partis d’opposition les moins bien dotés.

e ministre de l'Intérieur, Adrien Nguema MbaLe gouvernement ne cédera pas

Face aux appels à la clémence, la réponse de l’exécutif est sans équivoque. Malgré les inquiétudes et les demandes d’assouplissement exprimées par plusieurs formations politiques, le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, a confirmé le maintien de l’échéance du 27 juin 2026. Une position ferme qui place les 104 partis actuellement reconnus face à une course contre la montre, sous peine de dissolution. Le message est clair : les règles du jeu ne changeront pas en cours de partie.

Fusionner, se conformer ou disparaître

Pour les petites formations, les options se réduisent. L’équation est simple : fusionner, disparaître, ou relever un défi financier et organisationnel colossal. Entre logistique bancaire, collecte des numéros d’identification personnelle et implantation provinciale, la course contre la montre est lancée. Ce dispositif vise à mettre fin aux partis-cartables et à professionnaliser le débat démocratique. Les formations qui échoueront à franchir ces obstacles s’exposent à une dissolution pure …

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Marie Céline AKANDA

 

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