LIBREVILLE, le 16 juin 2026 ,Le Gabon s’apprête à effectuer un retour remarqué sur les marchés financiers internationaux. Selon des informations relayées par le média économique Sika Finance, le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, actuellement en examen au Parlement, prévoit l’émission d’un Eurobond de 857,8 milliards de FCFA, soit environ 1,5 milliard de dollars.

Envisagée sur une maturité de dix ans, cette opération constituerait l’une des plus importantes levées de fonds extérieurs réalisées par le pays ces dernières années. Elle intervient alors que les autorités cherchent à renforcer leurs marges de manœuvre budgétaires tout en renouant le dialogue avec les investisseurs internationaux.
Jusqu’ici, le Gabon s’était principalement appuyé sur de grandes banques internationales, parmi lesquelles JP Morgan, Citigroup ou Deutsche Bank, pour structurer ses précédentes émissions obligataires. Pour cette opération, le gouvernement aurait cette fois retenu Société Générale comme banque arrangeuse, un choix qui traduit une volonté de diversifier ses partenaires financiers tout en s’appuyant sur un établissement disposant d’une présence historique en Afrique centrale.
À ce stade, les autorités n’ont communiqué aucune caractéristique détaillée de l’emprunt. Le taux d’intérêt, le calendrier précis de l’émission ainsi que la destination des ressources mobilisées restent inconnus. L’opération demeure en outre conditionnée à l’adoption définitive du PLFR par l’Assemblée nationale, puis par le Sénat.
Au-delà de son aspect financier, cette émission est perçue comme un test de crédibilité pour le Gabon, qui n’en serait pas à sa première expérience sur le marché des Eurobonds, après des opérations menées en 2007, 2013 et 2015. Le contexte a toutefois changé : la dernière émission, réalisée en 2021, avait été suivie de tensions sur le service de la dette et d’un défaut partiel constaté en 2023, dans un climat marqué par la transition politique.
Dans ce contexte, les investisseurs devraient examiner avec attention les fondamentaux économiques du pays, sa trajectoire budgétaire et l’évolution de ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). Le succès de cette levée de fonds pourrait dès lors être interprété comme un signal de confiance envers les autorités gabonaises et leur capacité à restaurer durablement la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux.
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Par KOYA


