Journée internationale de la femme rurale : Célébrer, mais surtout transformer

Dorina MBA
La Première dame du Gabon aux côtés des femmes rurales, témoignant de l'engagement national pour l'autonomisation des agricultrices.

Chaque 15 octobre, les nations du monde entier célèbrent la Journée internationale de la femme rurale. Cet événement met à l’honneur les agricultrices et micro-entrepreneures des zones rurales afin d’accélérer leur autonomisation financière, de garantir leurs droits fonciers et de renforcer durablement la sécurité alimentaire globale.

 

Les femmes vivant en milieu rural constituent la colonne vertébrale des systèmes alimentaires locaux et mondiaux. Travaillant quotidiennement dans les champs, les ateliers de transformation ou les marchés de proximité, elles assurent une part prépondérante de la production vivrière destinée aux familles et aux collectivités localisées en dehors des grandes métropoles. Leur action quotidienne dépasse largement la simple culture des terres : elles conservent des savoir-faire ancestraux indispensables à la préservation de la biodiversité locale et à la gestion raisonnée des ressources naturelles comme l’eau et les sols. Malgré une contribution économique majeure et un engagement constant pour nourrir les populations, leur rôle demeure fréquemment sous-estimé dans les bilans économiques nationaux. Donner une véritable visibilité à leur labeur quotidien est donc un impératif pour reconnaître leur statut d’actrices économiques de premier plan.
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Pour que cette journée ne reste pas un simple symbole annuel, il est urgent de lever les obstacles majeurs qui bloquent le potentiel des productrices rurales. En premier lieu, la précarité foncière représente un frein considérable : sans titres de propriété clairement établis à leur nom, ces femmes peinent à sécuriser leurs investissements et à accéder aux crédits bancaires traditionnels. Faciliter l’accès à la terre et développer des solutions de microfinance adaptées constituent des leviers prioritaires pour moderniser leurs exploitations. En parallèle, l’amélioration des infrastructures de base en zone rurale reste primordiale. L’accès direct à l’eau potable, à des sources d’énergie fiables, à des routes praticables pour transporter les récoltes vers les marchés urbains, ainsi qu’à des formations techniques modernes permet de réduire la pénibilité de leur travail et d’augmenter significativement leurs rendements agricoles.

 

​Investir dans l’autonomisation des femmes rurales dépasse la simple question de justice sociale : c’est une stratégie clé pour garantir la souveraineté alimentaire d’un pays et renforcer la résilience face aux perturbations climatiques. Au Gabon, cet intérêt se traduit par une volonté accrue des hautes autorités d’accompagner les agricultrices locales à travers des initiatives d’autonomisation, de formation technique et d’appui à l’entrepreneuriat féminin en zone rurale. La présence de la Première dame aux côtés de ces travailleuses lors de la célébration du 15 octobre illustre cette démarche institutionnelle visant à valoriser leur apport décisif dans l’économie nationale. Lorsque les productrices reçoivent des équipements adaptés et un encadrement structuré, la productivité des exploitations augmente et la dépendance aux importations diminue. Transformer durablement la condition des femmes rurales constitue ainsi le socle d’un développement territorial équilibré et pérenne.

 

 

Dorina MBA

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