Le partenariat sino-africain était au cœur des échanges à Libreville ce mercredi 30 septembre 2026, à l’occasion d’un colloque consacré aux nouvelles perspectives économiques entre la Chine et l’Afrique. Les discussions ont notamment porté sur le zéro tarif douanier accordé à plusieurs pays africains par la Chine et sur les orientations du 15ᵉ Plan quinquennal chinois, avec un intérêt particulier pour les opportunités qu’ils peuvent représenter pour le Gabon en matière d’exportations, d’industrialisation, de transformation locale et de coopération économique.

Un rendez-vous consacré aux nouvelles règles du commerce sino-africain
Le colloque organisé à Libreville intervient dans un contexte de renforcement des échanges entre la Chine et l’Afrique. Les discussions portent notamment sur les conséquences de l’ouverture commerciale chinoise pour les économies africaines, mais aussi sur les conditions nécessaires pour transformer cet accès au marché en résultats concrets. Pour la ministre gabonaise de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME/PMI, Zenaba Gninga Chaning, l’enjeu dépasse la seule suppression des droits de douane. Les entreprises gabonaises doivent également disposer d’une production suffisante, respecter les normes applicables et proposer une offre capable de répondre durablement à la demande internationale. Cette problématique place donc la compétitivité des entreprises gabonaises au centre des débats.
Zéro tarif douanier : une fenêtre pour diversifier les exportations
La Chine a mis en œuvre, à compter du 1er mai 2026, un dispositif de droits de douane nuls visant des produits provenant de pays africains ayant des relations diplomatiques avec Pékin. Selon le ministère chinois des Finances, le dispositif couvre, dans cette première liste officielle, 20 pays africains non classés parmi les pays les moins avancés, pour la période allant jusqu’au 30 avril. Le Gabon bénéficie de cette mesure, selon l’Agence gabonaise de presse, qui indique que la décision doit notamment favoriser la diversification des exportations gabonaises dans les secteurs agricole, minier et agro-industriel.
Pour Libreville, l’enjeu consiste désormais à déterminer quels produits peuvent réellement trouver leur place sur le marché chinois et quelles capacités doivent être développées pour accompagner cette ouverture.
Le 15ᵉ Plan quinquennal chinois au cœur des réflexions
Autre sujet majeur du colloque : le 15ᵉ Plan quinquennal chinois, dont les orientations ont également été présentées par la diplomatie chinoise au Gabon. Les échanges portent notamment sur les possibilités de coopération dans l’industrie, le transfert de technologies, la formation professionnelle et le développement de partenariats structurants. Le ministre gabonais de l’Industrie et de la Transformation locale, Lubin Martial Ntoutoume, a ainsi mis en avant plusieurs leviers susceptibles d’accompagner le développement industriel du pays : transfert de savoir-faire, partenariats industriels, renforcement des compétences des agents publics et accès au marché chinois. L’objectif affiché est de mieux comprendre les mécanismes de la transformation économique chinoise afin d’identifier les éléments pouvant être adaptés aux réalités gabonaises, plutôt que de reproduire directement un modèle étranger.
Des échanges Gabon-Chine déjà en progression
Cette nouvelle séquence commerciale s’inscrit dans une relation économique déjà importante. Les échanges commerciaux entre le Gabon et la Chine ont atteint 3,19 milliards de dollars en 2025, soit une progression de 8,3 % sur un an, selon les données communiquées par l’ambassadeur chinois Zhou Ping. La coopération dépasse également le commerce. Plusieurs projets d’infrastructures sont actuellement associés au partenariat sino-gabonais, tandis que des programmes de formation permettent à des ressortissants gabonais de renforcer leurs compétences en Chine. Près de 600 Gabonais ont notamment bénéficié de formations dans le pays asiatique en 2026, selon les informations rapportées à Libreville.
Le défi : passer de l’ouverture commerciale à la production
La suppression des droits de douane ne garantit pas, à elle seule, une hausse automatique des exportations. Pour profiter durablement du marché chinois, le Gabon devra notamment travailler sur la capacité de production, la qualité des produits, la certification, la logistique et la régularité des approvisionnements. C’est précisément l’un des enjeux identifiés lors du colloque de Libreville : faire de l’ouverture chinoise un levier de transformation productive, plutôt qu’une simple possibilité théorique d’accès au marché. À travers le dialogue entre responsables publics, diplomates, chercheurs et acteurs économiques, les participants cherchent ainsi à mieux définir les secteurs dans lesquels le Gabon pourrait renforcer sa présence commerciale en Chine.
Un partenariat appelé à évoluer
Avec le zéro tarif douanier et les nouvelles orientations du 15ᵉ Plan quinquennal chinois, la relation sino-gabonaise entre dans une nouvelle phase. Pour Libreville, l’enjeu sera désormais de convertir les possibilités offertes par l’ouverture chinoise en investissements, production locale, diversification des exportations et montée en compétences. Le colloque de Libreville constitue ainsi un espace de réflexion sur les moyens de rapprocher les ambitions commerciales des réalités industrielles et entrepreneuriales du Gabon.
Dorina MBA
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