Le Gabon engrange une nouvelle reconnaissance diplomatique dans le domaine sanitaire. À Genève, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reçu la ministre de la Santé le Professeur Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou pour saluer « les efforts entrepris par les autorités gabonaises » en faveur d’un système de santé plus moderne, résilient et inclusif. Cette audience confirme que la stratégie numérique impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema est regardée comme un modèle en Afrique centrale. Alors que la digitalisation des hôpitaux, la formation des personnels et la nouvelle feuille de route avec l’OMS accélèrent les réformes, le Gabon se dote des outils pour offrir des soins de qualité, accessibles à tous, jusque dans les zones rurales sans distinctions.
Une stratégie nationale portée par le chef de l’État
Dès sa prise de fonction, le ministre de la Santé a fait de la transformation numérique une priorité. Une première réunion avec le représentant de l’OMS au Gabon a permis d’aligner l’assistance technique internationale sur la feuille de route gouvernementale. Les axes choisis sont clairs :
réduire la mortalité maternelle en sécurisant le parcours de la femme enceinte (renforcement des plateaux techniques, soins obstétricaux d’urgence, coordination des financements) ;
créer une École de santé publique pour former localement des cadres en épidémiologie, gestion hospitalière et économie de la santé ;
moderniser le CHR de Melen en mobilisant les bailleurs de fonds pour optimiser la prise en charge des patients dans la périphérie sud de Libreville.
Cette orientation s’inscrit dans la vision du président de la République, qui a personnellement insisté pour que la digitalisation du secteur de la santé devienne « un changement de culture pour les professionnels ».
E‑Gabon‑SIS : la digitalisation des hôpitaux en marche
Le projet e‑Gabon‑SIS, piloté par l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) avec l’appui de la Banque mondiale, a déjà franchi plusieurs étapes décisives. Des équipements déployés : une cérémonie officielle a marqué la remise de matériel informatique et technique aux structures sanitaires engagées dans le programme. L’objectif est d’interconnecter les services pour garantir une prise en charge plus efficace, plus sûre et mieux coordonnée. Des centres pilotes opérationnels : plusieurs hôpitaux du Grand Libreville partagent désormais des informations de manière fluide. Les patients peuvent ainsi retrouver leur dossier médical d’un établissement à l’autre. La représentante de la Banque mondiale, après une visite sur le terrain, s’est dite « agréablement surprise par l’adoption du système malgré les difficultés rencontrées ».
Des formations massives : le personnel du CHU Mères‑Enfants Jeanne Ebori a été formé à la solution « Green Cube ». Des agents de santé venus de nombreux départements sanitaires ont reçu une formation pratique sur la télémédecine. Les participants ont réalisé des cas concrets dans un centre de santé, utilisant électrocardiographes, ordinateurs et tablettes.
« L’avenir de la santé numérique au Gabon dépendra de notre capacité collective à appliquer ces acquis sur le terrain », a déclaré le secrétaire général du ministère de la Santé.
Télémédecine : un pas décisif pour les zones enclavées
L’un des volets les plus prometteurs du projet e‑Gabon‑SIS est la télémédecine. L’objectif est de « relier le technicien ou l’infirmier en zone rurale à un spécialiste, en échangeant en temps réel des informations médicales sur le patient ».Les kits déployés comprennent des électrocardiographes, des ordinateurs et des tablettes. Une sage‑femme à l’hôpital régional de Bitam a témoigné : « Grâce à ces outils, nous pourrons désormais effectuer des échographies à distance et éviter aux patientes de longs déplacements ».
Cette innovation permet non seulement de désengorger les structures urbaines, mais aussi de sauver des vies dans les zones où l’accès à un médecin spécialiste reste rare.
À Genève : un plaidoyer pour une santé innovante et un partenariat renforcé avec l’OMS

À l’occasion de l’Assemblée mondiale de la Santé, la ministre a participé aux Rencontres francophones de la Santé, organisées conjointement par l’Organisation internationale de la Francophonie et Les Entreprises du Médicament. Le thème « Innovation mondiale, les nouvelles cartes de la santé » mettait en lumière les rivalités internationales autour des technologies médicales et des financements.
Lors de cette rencontre, la ministre a réaffirmé l’engagement du Gabon à :
investir dans la recherche et les talents ;
renforcer les partenariats public‑privé ;
améliorer les mécanismes de financement pour réduire les dépenses supportées par les ménages.
Le point d’orgue de la mission a été l’audience avec le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus et la ministre gabonaise de la Santé, le Professeur Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou.
Les échanges ont porté sur des priorités stratégiques :
La santé communautaire pour rapprocher les soins des populations rurales ;
le renforcement des capacités du personnel médical par la formation continue ;
les innovations en matière de financement de la santé.
À l’issue de l’entretien, le patron de l’OMS a officiellement salué « les efforts entrepris par les autorités gabonaises pour moderniser le système de santé » et réaffirmé son engagement à accompagner le Gabon dans ses réformes.
Une dynamique qui s’inscrit dans une ambition de souveraineté sanitaire
Le message porté par la ministre est cohérent : la science et les données probantes sont le socle d’un système de santé performant. Lors de la Journée mondiale de la santé, elle avait déjà insisté sur le fait que « nos progrès sanitaires dépendent de notre capacité à intégrer des données scientifiques probantes dans nos politiques publiques ». Parallèlement à la digitalisation, le Gabon s’est doté d’un nouvel outil juridique : le Code de la santé, adopté par les deux chambres du Parlement, qui permet une meilleure régulation du secteur. L’harmonisation des textes sur la sécurité sanitaire des aliments, avec le soutien technique de l’OMS, est également en bonne voie.
Ainsi, la reconnaissance internationale ne se limite pas à une simple formalité. Elle confirme que le Gabon est en train de bâtir une stratégie cohérente : digitalisation des hôpitaux, formation des personnels, télémédecine dans les zones reculées, modernisation du cadre législatif et diversification des partenaires financiers.
En définitif, une feuille de route qui inspire et rassure et le satisfecit de l’OMS est une excellente nouvelle pour les Gabonais, souvent confrontés à des files d’attente interminables, des dossiers égarés ou des spécialistes inaccessibles. Avec e‑Gabon‑SIS, la promesse d’un système de santé plus fluide, plus équitable et plus humain se concrétise. Reste à poursuivre sur cette lancée : généraliser le système à l’ensemble des hôpitaux publics, former davantage de médecins à la télémédecine et garantir que le numérique profite aussi aux villages les plus reculés. Si la dynamique se maintient, le Gabon pourrait devenir, d’ici quelques années, une référence en matière de santé connectée en Afrique centrale.
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Marir-Céline AKANDA



