La crise sociale reprend de l’ampleur à la Société gabonaise de transport (SOGATRA). Réunis en assemblée générale extraordinaire le 28 octobre 2026, les représentants syndicaux ont annoncé la reprise de leur grève illimitée. Les travailleurs dénoncent notamment deux mois de salaires impayés, le non-respect des engagements pris par la direction générale et le manque de visibilité autour du processus de fusion avec Trans’Urb.

Deux mois de salaires impayés au cœur des revendications
Le paiement des salaires constitue l’une des principales revendications des agents de la SOGATRA. Selon les représentants syndicaux, les travailleurs accusent près de deux mois d’arriérés de salaires. Une situation qui, selon eux, pèse sur leurs conditions de vie et fragilise davantage le climat social au sein de l’entreprise. La présidente du Syndicat des acteurs des transports terrestres (SYATRAT), Évangeline Ndjako Ndaka épouse Ngowet, explique que la précédente suspension du mouvement avait été décidée à la suite d’accords de principe conclus avec la direction générale. Toutefois, les syndicats estiment que ces engagements n’ont pas été respectés. Faute de résultats concrets, ils ont donc décidé de relancer la mobilisation.
Au-delà de la question salariale, les travailleurs expriment également leurs préoccupations concernant la fusion entre la SOGATRA et Trans’Urb, qui a donné naissance à la Compagnie nationale de transport (CNT). Les syndicats dénoncent leur manque d’implication dans les discussions et réclament davantage d’informations sur les modalités de cette réorganisation. Cette situation entretient des incertitudes sur l’avenir professionnel des agents, notamment en ce qui concerne leurs conditions de travail et la préservation de leurs acquis sociaux. Pourtant, la fusion a été présentée par les autorités comme une réforme destinée à réorganiser le transport public au Gabon.
Face à cette situation, les représentants du personnel sollicitent l’intervention du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que celle du gouvernement. À travers cet appel, les grévistes souhaitent obtenir des réponses concrètes sur le paiement des salaires et leur place dans la nouvelle organisation. Le délégué du personnel, Essono Abaha, rappelle que les agents souhaitent avant tout exercer leurs activités et percevoir régulièrement leurs rémunérations. En attendant une réponse des autorités et de la direction, la reprise de cette grève illimitée remet au premier plan les difficultés sociales qui accompagnent la réorganisation du transport public gabonais.
Kendra Charlène NDAVOURA
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