Ntoum : plus de 400 victimes, un seul homme Axel B.M.W. arrêté pour escroquerie immobilière

Marie Celine AKANDA

Un escroc immobilier aux plus de 400 victimes vient d’être mis hors d’état de nuire dans la commune de Ntoum. Interpellé à Meyang, dans le premier arrondissement de Ntoum, Axel B.M.W., 41 ans, est soupçonné d’être au cœur d’un vaste réseau d’escroquerie et d’usurpation d’identité. Le mis en cause, qui se serait fait passer pour un gendarme ou un policier pour soutirer de l’argent à des personnes à la recherche de logements ou de terrains, est par ailleurs un repris de justice, déjà condamné 10 ans plus tôt pour des faits similaires à Franceville.

 Un mode opératoire rodé, fondé sur l’usurpation d’identité

Le schéma mis en place par l’individu est d’une redoutable efficacité. Se présentant sous une fausse identité de membre des forces de l’ordre, il publiait de fausses annonces de vente de terrains et de location de maisons sur les réseaux sociaux, attirant des particuliers à la recherche d’un logement ou d’un investissement foncier. Une fois la confiance installée grâce à l’apparence d’autorité que lui conférait sa prétendue qualité de gendarme ou de policier, il percevait des avances ou des règlements complets, avant de disparaître avec l’argent.

 Plus de 400 plaintes : un bilan qui illustre l’ampleur du préjudice

Les éléments de la Direction des investigations, en collaboration avec les agents de la Direction générale des recherches (DGR), ont procédé à son interpellation à Meyang, dans le premier arrondissement de Ntoum. Le bilan est impressionnant : plus de 400 plaintes ont été déposées contre cet individu, ce qui en fait l’une des affaires d’escroquerie immobilière les plus massives recensées dans la commune de Ntoum et ses environs ces dernières années.

 Un récidiviste qui n’avait pas tiré les leçons de sa première condamnation

Le profil d’Axel B.M.W. interpelle à un autre titre : il s’agit d’un repris de justice, déjà condamné une décennie plus tôt pour des faits similaires commis à Franceville. Une récidive qui pose une question légitime sur les mécanismes de suivi et de réinsertion des personnes condamnées pour des infractions à caractère financier, et sur leur capacité à sévir à nouveau dans d’autres parties du territoire national une fois libérées.

Une arnaque qui prospère sur la pénurie de logements

Ce type d’escroquerie ne naît pas par hasard. Il s’engouffre dans une réalité bien connue des Gabonais : la difficulté croissante de trouver un logement abordable ou un terrain à prix raisonnable dans le Grand Libreville et ses communes périphériques comme Ntoum. C’est l’arnaque la plus dévastatrice au Gabon — et elle est terriblement courante. Des individus proposent de beaux terrains avec des « papiers » en apparence conformes, encaissent le paiement, puis disparaissent. Les victimes se retrouvent sans logement, sans terrain et sans recours immédiat, dans des situations souvent dramatiques après des années d’économies.

 Des précédents qui auraient dû alerter plus tôt

Cette affaire n’est pas isolée. Quelques mois plus tôt, l’ANUTTC avait déjà alerté la population gabonaise face à la multiplication d’arnaques foncières en ligne, avec de fausses pages Facebook usurpant son identité pour vendre des parcelles fictives. Le démantèlement de ce réseau à Ntoum confirme que la lutte contre les escroqueries immobilières — en ligne comme en présentiel — reste un chantier ouvert et urgent pour les autorités gabonaises.

Marie Céline AKANDA

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