Au Pakistan, une fatwa contre un programme de plantation d’arbres destiné à lutter contre la désertification provoque l’étonnement. Entre religion, climat et polémique, l’affaire fait réagir.

Planter des arbres pour stopper l’avancée du désert ,cette idée semblait pourtant faire l’unanimité. Mais au Pakistan, un programme gouvernemental de reboisement se retrouve au cœur d’une controverse inattendue après la diffusion d’une fatwa dénonçant cette initiative environnementale. Les autorités pakistanaises multiplient depuis plusieurs années les campagnes de plantation d’arbres afin de freiner la désertification, de protéger les sols et de limiter les effets du changement climatique. Dans certaines régions particulièrement touchées par la sécheresse, ces opérations sont présentées comme une réponse indispensable à la dégradation des terres et à la hausse des températures. Seulement ,certains chefs religieux voient les choses d’un tout autre œil.
Selon eux, transformer des zones désertiques reviendrait à modifier une création divine qui aurait été façonnée telle quelle par Dieu. Pour ces religieux, intervenir sur ces espaces naturels constituerait une atteinte à l’ordre établi et pourrait être considéré comme « haram », c’est-à-dire contraire aux préceptes de l’islam.Cette position a rapidement suscité de nombreuses réactions dans le pays. Sur les réseaux sociaux, des internautes n’ont pas manqué d’exprimer leur étonnement face à une polémique que beaucoup jugent surréaliste. « Bientôt, arroser une plante sera-t-il interdit ? », ironise un utilisateur, tandis qu’un autre s’interroge : « Si planter des arbres est haram, que faut-il faire quand le désert avance jusqu’aux villages ? »
Au-delà des plaisanteries, cette affaire révèle un débat plus profond sur la place de la religion dans les politiques environnementales. Le Pakistan figure parmi les pays les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique. Les inondations meurtrières de 2022, les épisodes de sécheresse et la progression de la désertification poussent les autorités à accélérer les programmes de reboisement.Pour les défenseurs de l’environnement, la plantation d’arbres ne constitue pas une remise en cause de la volonté divine, mais une nécessité pour préserver les ressources naturelles et protéger les populations les plus exposées.
De leur côté, plusieurs spécialistes rappellent que, dans l’histoire musulmane, de nombreux textes valorisent au contraire la protection de la nature et encouragent les croyants à prendre soin de leur environnement.Une chose est sûre , rares sont les pays où une campagne de reboisement peut déclencher un débat théologique. Au Pakistan, la bataille contre la désertification ne se joue désormais plus seulement dans le sable, mais aussi dans les sermons et les interprétations religieuses.
Entre urgence climatique et convictions spirituelles, une question demeure : qui aurait imaginé qu’un simple arbre puisse un jour devenir l’objet d’une fatwa ?
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Reve NGOUL-ALY


