Cacao : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun s’unissent pour transformer leur production en Afrique.

Lauraine

Le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria ont signé la Déclaration d’Abuja pour accélérer la transformation locale du cacao. Une alliance stratégique qui vise à créer davantage d’emplois et à réduire l’exportation des fèves brutes.

Cacao

Longtemps considéré comme le cœur mondial de la production de cacao, le continent africain entend désormais reprendre la main sur toute la chaîne de valeur de « l’or brun ». Réunis ce mardi 14 juillet 2026 à Abuja, au Nigeria, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria ont officiellement lancé l’Alliance pour la Valorisation du Cacao (Cocoa Value Addition Alliance), à travers la signature de la Déclaration d’Abuja.

À eux seuls, ces quatre pays produisent près des deux tiers du cacao consommé dans le monde. Pourtant, depuis plusieurs décennies, l’essentiel de leurs récoltes quitte le continent sous forme de fèves brutes avant d’être transformé à l’étranger en chocolat, en beurre de cacao ou en produits dérivés.

Avec cette nouvelle alliance, les dirigeants africains veulent changer les règles du jeu. Leur ambition est claire : développer des usines locales, créer davantage d’emplois et permettre aux économies africaines de tirer un meilleur profit de cette richesse naturelle.

Concrètement, il ne s’agit pas encore d’arrêter les exportations de cacao brut du jour au lendemain. Contrairement à certaines informations relayées sur les réseaux sociaux, aucune date officielle n’a été fixée pour une éventuelle suspension des exportations. Les États concernés misent plutôt sur une stratégie progressive visant à renforcer les capacités industrielles du continent.

Cette initiative vient renforcer le partenariat déjà existant entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, renouvelé le 16 juin dernier à Abidjan par les présidents Alassane Ouattara et John Mahama. Désormais, le Nigeria et le Cameroun rejoignent cette dynamique afin de parler d’une seule voix face aux grands acheteurs internationaux.

L’un des premiers défis de cette coalition concerne l’entrée en vigueur du règlement européen sur la déforestation (EUDR), prévue pour décembre 2026. Ce dispositif imposera une traçabilité complète du cacao, depuis les plantations jusqu’aux marchés européens. Les pays membres de l’alliance souhaitent toutefois éviter que les coûts liés à ces nouvelles exigences ne pèsent sur les petits producteurs.

Pour John Owan Enoh, ministre d’État nigérian chargé de l’Industrie, le temps est venu pour l’Afrique de profiter pleinement de ses ressources. « Pendant cent ans, l’Afrique a envoyé son cacao au monde en sacs et l’a reçu en retour sous forme d’emballages, en payant aux deux bouts de la transaction », a-t-il déclaré.

Au-delà des discours, cette alliance marque une volonté politique forte : celle de transformer localement davantage de cacao afin que la richesse produite sur le continent bénéficie davantage aux populations africaines. Un pari ambitieux qui pourrait, à terme, redessiner l’avenir de l’industrie cacaoyère en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest.

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