Alors que le gouvernement affiche depuis des mois son ambition d’acquérie une souveraineté alimentaire « tout produisant ce que nous mangeons », cette stratégie agricole du Gabon encaisse dans le budget rectificatif 2026 une coupe brutale de 72,4 milliards de FCFA révélant un fossé préoccupant entre les paroles et les actes budgétaires.
Une ambition affichée haut et fort ces derniers mois
Depuis le début de l’année, le discours officiel n’a pourtant jamais varié : en mai 2026, le ministre de l’Agriculture Pacôme Kossy présentait, 100 jours après sa prise de fonctions, un « Plan sectoriel agricole 2026-2030 » baptisé « Produire ce que nous mangeons ». En juillet, une retraite stratégique de deux jours réunissait toute la haute administration du secteur pour bâtir la stratégie « CAP 2030 » et accélérer la transformation agricole nationale.
Le couperet budgétaire de l’été
Mais le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, transmis à l’Assemblée nationale, raconte une tout autre histoire. La mission budgétaire consacrée à l’agriculture, à l’élevage et à la pêche subit une amputation de 72,4 milliards de FCFA, soit une baisse de 53% par rapport à la loi de finances initiale c’est l’une des coupes les plus sévères de tout le texte. Dans le même temps, paradoxe frappant, les ressources allouées au soutien des importations de farine augmentent, elles, de 4 milliards de FCFA.
Un choix qui en dit long sur les priorités réelles
Comme le résume la presse économique locale, ce collectif budgétaire « ne tranche pas entre produire et importer : il choisit, silencieusement, le second ». Une décision qui s’explique par un contexte de rigueur généralisée : le budget 2026 a été réduit de 862,9 milliards de FCFA au total, les recettes nettes chutant de près de 880 milliards de FCFA par rapport aux prévisions, dans un pays engagé dans des négociations serrées avec le FMI pour stabiliser ses finances publiques.
Ce que cela signifie concrètement
Le Gabon continue d’importer l’essentiel de son alimentation, une vulnérabilité stratégique que les autorités dénoncent depuis des années sans parvenir à l’inverser durablement. Priver le secteur agricole de financements au moment même où l’on promet sa transformation revient à repousser, une fois de plus, l’échéance d’une véritable souveraineté alimentaire et ça pendant que les importations, elles, continuent d’être subventionnées.
Marie Celine AKANDA
Suivez-nous sur facebook
Retrouvez tous nos articles ici


