Le Gabon veut accélérer sa transformation énergétique en misant davantage sur les investissements privés. Dans son Pacte national de l’énergie, élaboré dans le cadre de la Mission 300, le pays estime à 4,169 milliards de dollars les besoins de financement nécessaires entre 2026 et 2030. Près de la moitié de cette enveloppe devrait être mobilisée auprès du secteur privé.

Le chantier énergétique gabonais change d’échelle. Pour atteindre ses objectifs à l’horizon 2030, le gouvernement entend mobiliser des capitaux publics, mais aussi attirer davantage d’investisseurs privés. Le Pacte national de l’énergie prévoit ainsi 4,169 milliards de dollars d’investissements sur la période 2026-2030. Sur cette enveloppe, environ 2 milliards de dollars restent à mobiliser auprès du secteur privé. L’objectif est notamment d’améliorer la production, le transport et la distribution de l’électricité, mais aussi de développer les solutions d’énergie hors réseau et la cuisson propre.
L’hydroélectricité au cœur des investissements
La production électrique devrait concentrer une grande partie des investissements privés.
Quatre projets hydroélectriques figurent notamment parmi les principales infrastructures identifiées : Booué, Sindara, Fé2 et Impératrice. Leur développement doit contribuer à augmenter les capacités de production du pays et à réduire les tensions qui affectent régulièrement l’approvisionnement en électricité.
Le Pacte prévoit également une ouverture progressive du secteur du transport de l’électricité aux investissements privés. Cette évolution marque un changement important dans un domaine jusqu’ici largement porté par la puissance publique.
Un cadre juridique à consolider
Pour attirer durablement les investisseurs, le Gabon dispose déjà de plusieurs instruments juridiques. Le Pacte s’appuie notamment sur le cadre des partenariats public-privé ainsi que sur la loi n°012/2023 relative à la réglementation du secteur de l’électricité.
Mais l’enjeu se situe désormais dans la mise en œuvre. Le gouvernement prévoit de finaliser les textes d’application nécessaires et de mettre en place des mécanismes destinés à faciliter le financement des projets énergétiques.
Parmi les dispositifs annoncés figure notamment le Fonds national pour l’énergie et l’eau, ainsi qu’une cellule consacrée aux partenariats public-privé et aux producteurs indépendants d’électricité.
Des investisseurs déjà présents
Le secteur privé n’est toutefois pas totalement nouveau dans le paysage énergétique gabonais.
Des groupes comme Meridiam, Eranove et Perenco sont déjà associés à certains projets, aux côtés de la Gabon Power Company. D’autres opérateurs, notamment Aggreko et Karpowership, ont été mobilisés pour apporter des capacités thermiques destinées à répondre aux besoins urgents du Grand Libreville.
La Banque africaine de développement, la Société financière internationale et plusieurs autres institutions financières participent également à la structuration et au financement de projets énergétiques au Gabon. En avril 2026, la BAD avait d’ailleurs organisé à Libreville une consultation des parties prenantes autour du Pacte national de l’énergie, dans le cadre de la Mission 300.
Le défi : transformer les ambitions en projets
Reste désormais à transformer les annonces en investissements effectivement réalisés.
Le Gabon doit notamment sécuriser les mécanismes de paiement, renforcer la bancabilité des projets et offrir davantage de visibilité aux investisseurs. Le Pacte prévoit le lancement d’appels à projets et la signature des premiers contrats de partenariat public-privé entre 2027 et 2028.
L’enjeu dépasse donc la seule question de l’électricité. Pour le gouvernement gabonais, la réussite de cette stratégie doit permettre de soutenir l’activité économique, de créer des emplois et d’améliorer l’accès à une énergie fiable et abordable. Avec près de 2 milliards de dollars attendus du secteur privé, le Gabon fait ainsi le pari d’un partenariat plus étroit entre l’État et les investisseurs pour construire son système énergétique de demain.
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Reve NGOUL-ALY


