Ce ne sont pas de simples convois qui traversent actuellement les axes d’Owendo. Ce sont des équipements porteurs d’une partie des espoirs du Grand Libreville face aux difficultés persistantes d’alimentation en électricité. Du 6 au 8 septembre 2026, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) organise l’acheminement de cinq nouvelles turbines à gaz depuis le port commercial d’Owendo vers la centrale thermique d’Akournam, dans le deuxième arrondissement de la commune.

L’opération est suffisamment importante pour mobiliser un dispositif particulier. Chaque jour, les convois doivent prendre la route dès 4 heures du matin pour rejoindre leur destination, avec une arrivée prévue vers 18 h 30, sous escorte des forces de l’ordre. Conséquence immédiate : des perturbations de la circulation sont à prévoir sur l’axe reliant le port d’Owendo à la centrale d’Akournam. La SEEG appelle ainsi les usagers à anticiper leurs déplacements pendant les trois jours de l’opération.
Cinq machines, un enjeu majeur
Au-delà de l’impressionnant ballet logistique, l’enjeu est surtout électrique. Ces cinq turbines doivent contribuer à fiabiliser et sécuriser le fonctionnement de la centrale thermique d’Akournam, avec l’objectif affiché d’améliorer la qualité du service public de l’électricité dans le Grand Libreville.
Selon GabonReview, les cinq équipements représentent une puissance cumulée annoncée de 100 MW. Si cette capacité est effectivement disponible à la mise en service, elle constituerait un renfort significatif pour le système électrique de l’agglomération, particulièrement sollicitée par la croissance de la demande et les épisodes de perturbations.
Le signal envoyé est donc clair : après les mesures d’urgence, le secteur électrique gabonais cherche désormais à renforcer ses capacités de production et à rendre l’offre plus résiliente.
Akournam 2, un point stratégique
Le choix d’Akournam n’est pas anodin. Le site d’Owendo constitue déjà un maillon important du dispositif de production électrique destiné au Grand Libreville. Il se trouve également au cœur d’un projet plus large de renforcement du parc thermique.
Une nouvelle centrale thermique à gaz de 125 MW est notamment développée à Akournam 2, à proximité des installations existantes de la SEEG. Le projet, porté par Gabon Power Company avec plusieurs partenaires, vise précisément à répondre à la progression de la demande énergétique du Grand Libreville.
Autrement dit, les cinq turbines qui arrivent aujourd’hui s’inscrivent dans une stratégie plus vaste : augmenter la capacité disponible, sécuriser la production et réduire progressivement la vulnérabilité du réseau électrique de la capitale et de sa périphérie.
La bataille des mégawatts
Pour les ménages comme pour les entreprises, l’enjeu se mesure très concrètement. Un réseau électrique plus robuste signifie moins de perturbations, une meilleure continuité de service et davantage de visibilité pour l’activité économique.
Dans un Grand Libreville où la demande en électricité ne cesse de croître, chaque mégawatt supplémentaire compte. Les coupures ne constituent pas seulement un inconfort domestique : elles affectent les commerces, les industries, les administrations, les établissements scolaires, les services de santé et toute une économie qui dépend de la disponibilité permanente de l’énergie.
L’arrivée de ces turbines apparaît donc comme une réponse directe à une urgence devenue structurelle.
Mais le véritable test sera la mise en service
L’acheminement des équipements constitue une étape spectaculaire. Mais le véritable défi commencera après leur arrivée à Akournam : installation, raccordement, essais, disponibilité du combustible, maintenance et exploitation optimale devront suivre.
Car pour les populations du Grand Libreville, l’attente est simple : que les investissements se traduisent rapidement en électricité effectivement disponible dans les foyers et les entreprises.
Les cinq turbines ne doivent donc pas être perçues comme une fin en soi, mais comme un nouvel étage dans la reconstruction de la sécurité énergétique du Gabon.
D’Owendo à Akournam, le convoi transporte ainsi bien plus que des machines. Il transporte une promesse : celle d’un Grand Libreville mieux alimenté, d’un réseau plus stable et d’une énergie capable de soutenir durablement l’ambition économique du Gabon.
Reste désormais à transformer ces 100 MW annoncés en une réalité mesurable dans les prises électriques des Gabonais.
Jovalie PENDI ONDO
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