Après 19 ans d’accord de pêche avec l’Union européenne, le Gabon veut privilégier la transformation locale pour créer davantage de valeur autour de ses ressources marines.

Pendant près de deux décennies, les eaux gabonaises ont été au cœur d’un partenariat avec l’Union européenne basé principalement sur l’accès aux ressources halieutiques contre une contribution financière. Aujourd’hui, Libreville affiche une nouvelle ambition : ne plus seulement tirer des revenus de ses ressources marines, mais transformer cette richesse directement sur son territoire.
Le débat autour du renouvellement de l’accord de pêche avec l’Union européenne marque ainsi un changement de vision. Pour le Gabon, l’enjeu n’est plus uniquement de négocier le montant des redevances, mais de faire de la mer un véritable moteur de développement économique.
Car derrière chaque tonne de poisson pêchée se cache une question stratégique a savoir où se crée réellement la richesse ?
Pendant longtemps, le modèle reposait principalement sur l’exploitation de la ressource et les compensations financières associées. Désormais, les autorités gabonaises souhaitent privilégier une approche différente : développer les capacités nationales de transformation, créer des emplois locaux et renforcer une chaîne de valeur capable de profiter davantage à l’économie nationale.
Comme le rappelle une sagesse africaine : « Celui qui possède l’arbre mais ne transforme pas ses fruits reste dépendant de celui qui possède l’atelier. »
Cette nouvelle orientation traduit une volonté de changer de modèle économique. Le Gabon ne veut plus seulement être un territoire riche en ressources naturelles ; il veut devenir un acteur capable de produire, transformer et exporter davantage de valeur ajoutée.
La filière pêche représente un potentiel important pour l’économie nationale. Avec une façade maritime stratégique sur l’Atlantique, le pays dispose d’atouts considérables. Mais le défi reste de taille : infrastructures portuaires, capacités industrielles, conservation, formation des acteurs et organisation de la filière.
Car une ressource naturelle ne devient une richesse durable que lorsqu’elle nourrit une économie autour d’elle.
L’accord avec l’Union européenne intervient donc dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à revoir leurs partenariats traditionnels en mettant davantage l’accent sur la transformation locale. Une tendance qui s’inscrit dans une volonté plus large de souveraineté économique.
Pour le Gabon, le message est clair : la mer ne doit plus seulement être une source de revenus immédiats, elle doit devenir un levier de développement.
« La rivière qui traverse un village doit aussi pouvoir faire tourner ses moulins », dit un proverbe africain. Une manière d’exprimer une ambition simple : que les ressources nationales profitent davantage aux populations et à l’économie locale.
Reste désormais à transformer cette ambition en résultats concrets. Car entre la volonté politique et la réalité industrielle, le chemin passe par des investissements, des compétences et une stratégie durable.
Après 19 ans de coopération avec l’Union européenne, le Gabon semble vouloir écrire une nouvelle page de son histoire maritime : celle d’un pays qui ne se contente plus d’exploiter ses richesses, mais cherche à les transformer.
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REVE NGOUL-ALY


