Eddy Minang suspendu : retournement de situation au sommet de la justice gabonaise ?

: retournement de situation au sommet de la justice gabonaise ?

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Le procureur qui a fait tomber les Bongo est à son tour dans le viseur de la justice. Entre dossiers financiers, irrégularités procédurales et questions politiques, la rédaction de M+ analyse ce retournement saisissant.

 

Eddy Minang, procureur général n’est pas un magistrat ordinaire. C’est l’homme qui a porté l’accusation dans l’affaire Sylvia et Noureddin Bongo, un procès retransmis en direct à la télévision nationale au cours duquel il avait requis vingt ans de réclusion criminelle pour détournement de fonds publics. Il s’était alors imposé comme une figure marquante du ministère public.

Sa suspension, si les faits étaient confirmés, pourrait être interprétée comme le signe qu’aucun magistrat, quelle que soit sa stature, n’est au-dessus des procédures disciplinaires. Mais cela poserait néanmoins la question des motivations réelles de cette mesure dans un contexte politique sensible.

Dans cette affaire, les montants évoqués sont importants ; 4 milliards FCFA dans l’affaire Covec Gabon, des soupçons de surfacturations au ministère de l’Éducation nationale. Si ces allégations devaient être confirmées par une enquête indépendante, elles témoigneraient de dysfonctionnements graves au sein de l’appareil judiciaire.

Toutefois, il convient de rappeler que ces informations proviennent de sources journalistiques et de rumeurs qui circulent dans les couloirs du palais de justice. La présomption d’innocence doit prévaloir jusqu’à ce que la lumière soit faite sur ces dossiers.

Selon des sources judiciaires, le ministre de la Justice n’aurait pas respecté la procédure en ne saisissant pas préalablement le président du Conseil supérieur de la Magistrature (le Président de la République).

Si cette irrégularité venait à être confirmée, elle pourrait fragiliser non seulement l’ensemble de l’édifice disciplinaire. Mais elle poserait surtout, une question plus large : la justice gabonaise connaîtrait-elle ses propres règles, ou les appliquerait-elle sélectivement ?

Quoi qu’il en soit, le paradoxe de cette affaire serait saisissant. Et la rédaction de M+ se demande si celui qui a exigé une application rigoureuse de la loi contre les Bongo pourrait aujourd’hui se prévaloir d’une faille procédurale pour échapper à la sienne.

Comme le dit si bien un proverbe africain : « Le chasseur qui a traqué les autres peut un jour devenir le gibier. »

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