Perturbée par plusieurs mouvements de grève, l’année scolaire 2025-2026 au Gabon a mis à rude épreuve le système éducatif. Face aux interruptions répétées des cours, les autorités ont mis en place des mesures de rattrapage. Mais ces efforts ont-ils réellement permis de combler les retards accumulés par les élèves ?

Une année scolaire marquée par des perturbations répétées
L’année scolaire 2025-2026 n’a pas été de tout repos pour les élèves gabonais. Entre revendications syndicales, arrêts de travail et tensions dans le secteur éducatif, de nombreux établissements ont connu des interruptions prolongées des cours. Ces perturbations ont eu un impact direct sur le calendrier scolaire, désorganisant les programmes et créant un sentiment d’incertitude chez les élèves, les enseignants et les parents. Dans certaines zones, le rythme d’apprentissage a été fortement ralenti, accentuant les inégalités entre établissements.
Des mesures de rattrapage mises en place
Pour limiter les effets de ces grèves, les autorités éducatives ont déployé plusieurs mesures de rattrapage. Parmi elles, l’extension du calendrier scolaire, la réorganisation des programmes et l’intensification du volume horaire dans certaines disciplines. Des cours supplémentaires ont également été proposés, notamment pour les classes à examen, avec pour objectif de permettre aux élèves de terminer les programmes essentiels avant les évaluations nationales. Ces initiatives ont permis de rétablir, en partie, une certaine continuité pédagogique et de rassurer les familles sur la tenue des examens.
Une efficacité limitée face aux pertes d’apprentissage
Malgré ces efforts, de nombreux acteurs du système éducatif estiment que les mesures de rattrapage n’ont pas totalement compensé les pertes accumulées. Le manque de temps, la fatigue des élèves et des enseignants, ainsi que la densité des programmes ont souvent limité l’efficacité de ces dispositifs. Dans les classes d’examen en particulier, plusieurs élèves ont exprimé des difficultés à assimiler des contenus enseignés dans des délais réduits. Au-delà les programmes, c’est aussi la qualité de l’apprentissage qui a été affectée, avec un risque accru de lacunes durables.
Des inégalités accentuées entre les élèves
Un autre effet notable de cette situation est le creusement des inégalités. Les élèves disposant de ressources supplémentaires, comme les cours privés ou un encadrement familial renforcé, ont pu mieux s’adapter aux perturbations. À l’inverse, ceux issus de milieux plus modestes ont été davantage exposés aux conséquences des grèves, renforçant les disparités déjà existantes au sein du système éducatif.
Si les mesures de rattrapage mises en place durant l’année scolaire 2025-2026 au Gabon ont permis de limiter les effets immédiats des grèves, elles n’ont pas totalement comblé les pertes d’apprentissage. Cette situation met en lumière la fragilité du système éducatif face aux crises et souligne la nécessité de mettre en place des solutions durables pour garantir la continuité de l’enseignement. Car au-delà des programmes, c’est l’avenir des élèves qui se joue.
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Rebecca FUNDI


