Le rapport annuel 2025 de l’OMS-Gabon a mis le feu aux poudres. Après qu’un média gabonais « Gabon Review » en a tiré des conclusions sévères sur la CNAMGS en affirmant « l’OMS confirme que l’assurance maladie des Gabonais est une arnaque institutionnelle». L’institution onusienne a contre-attaqué par communiqué. En outre l’OMS a paradoxalement mis en lumière dans son rapport des failles réelles d’un système de santé sous pression, car L’OMS dit renforcé l’offre de soins au niveau des structures sanitaires de première ligne à travers la fourniture de médicaments essentiels, de matériels, de consommables médicaux, ainsi que l’équipement de plusieurs formations sanitaires en stérilisateurs , de plus en renforçant les capacités opérationnelles des structures, a contribué à réduire le troisième retard (retard dans la prise en charge appropriée au sein de la structure de santé).

Un rapport qui fait des vagues
L’Organisation mondiale de la Santé a officiellement pris position le 2 juin 2026 à Libreville pour démentir les interprétations attribuant à son rapport annuel 2025 une qualification d’arnaque institutionnelle visant la CNAMGS. L’institution onusienne affirme au contraire que l’assurance maladie gabonaise demeure une référence africaine en matière de couverture sanitaire universelle. Au cœur de la polémique : un article de presse qui avait tiré de ce même rapport des conclusions bien plus sombres sur l’état de santé des Gabonais. Le rapport annuel 2025 de l’OMS-Gabon relève que « la CNAMGS ne permet pas aux populations enregistrées de bénéficier de services de santé complets de qualité conformément à son objectif initial. » Une formulation technique, certes, mais qui documente des insuffisances bien réelles. Dans son communiqué, l’OMS reconnaît elle-même que le Plan national de développement sanitaire prévoit explicitement l’extension de la couverture maladie, l’élargissement du panier de soins et l’amélioration de la qualité des services. Si ces objectifs sont projetés dans le futur, c’est bien que la situation actuelle présente des lacunes.
Le démenti qui confirme
Dans sa mise au point, l’OMS considère que le système de santé gabonais constitue une avancée majeure dans le développement de la protection sociale et dans la progression de la couverture sanitaire universelle, précisant que les observations formulées relèvent d’une démarche technique d’amélioration continue. Un discours institutionnel mesuré, mais qui ne dissout pas les questions de fond que posent les Gabonais sur l’accès réel aux soins. Au-delà de la polémique médiatique, le rapport révèle une autre réalité : le système de santé gabonais souffre aussi d’une décision prise loin de Libreville. Le 20 janvier 2025, Donald Trump signait le décret de retrait des États-Unis de l’OMS. À Libreville, ce fut le début d’une cascade de conséqences concrètes : des postes supprimés, des équipes de terrain dissoutes, des budgets réorientés en urgence. Le rapport documente les conséquences opérationnelles : des postes de personnel international supprimés, des volontaires des Nations Unies remerciés, des consultants nationaux écartés. La victime la plus concrète : les équipes spécialisées dans la surveillance épidémiologique de terrain, dont les contrats financés par le CDC d’Atlanta ont été purement interrompus. Des équipes dont le Gabon a cruellement besoin face aux menaces sanitaires persistantes.

Un système à réformer d’urgence
La polémique autour du rapport OMS a au moins le mérite de remettre la santé au centre du débat public. L’OMS affirme que l’assurance maladie gabonaise est aujourd’hui une référence sur le plan africain et indique avoir déjà organisé plusieurs missions d’études autour du modèle gabonais dans la sous-région. Mais entre le modèle affiché et le vécu quotidien des patients dans les formations sanitaires gabonaises, le fossé reste à combler.
Suivez-nous sur facebook
MARIE-CELINE AKANDA


