La tension monte aux Sucreries du Gabon. Les salariés de l’entreprise agro-industrielle, basée à Franceville, ont déposé un préavis de cessation concertée et collective du travail, avec une entrée en grève annoncée à compter du 1er octobre 2026 si aucune solution n’est trouvée avec la direction. Cette nouvelle crise sociale intervient alors que l’entreprise traverse déjà d’importantes difficultés économiques et industrielles.

Des revendications liées aux conditions de travail
Réunis en assemblée générale, les travailleurs dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail et demandent le respect de plusieurs dispositions prévues par leur convention collective. Parmi les principaux points de désaccord figure notamment la suppression de l’accès à l’économat, présenté comme un avantage social prévu par les textes applicables au personnel.
Les employés contestent également la fermeture du foyer des travailleurs et de certains espaces de repos. Pour les représentants du personnel, ces mesures affectent directement les conditions de vie des salariés et constituent des sujets qui nécessitent une réponse de la direction.
La question de la santé et de la sécurité au travail occupe également une place importante dans les revendications. Les salariés dénoncent notamment l’absence de visites médicales régulières pour les agents exposés aux produits chimiques ainsi que des dysfonctionnements au sein du Comité de sécurité et de santé au travail (CSST). Ils évoquent aussi des insuffisances concernant les équipements de protection et la formation du personnel.
Une entreprise confrontée à de lourdes difficultés
Cette menace de grève aux Sucreries du Gabon intervient dans un contexte économique déjà fragile. L’entreprise, anciennement connue sous le nom de Sucaf Gabon, a été reprise en avril 2024 par le groupe turc MFB International.
Depuis plusieurs mois, la situation financière de la société suscite des inquiétudes. Le directeur général, Ousmane Mabignath Sall, a notamment alerté sur les difficultés auxquelles l’entreprise est confrontée, évoquant une situation financière « très menacée ». La direction met également en avant l’état vieillissant de l’outil industriel et la nécessité d’investissements pour moderniser les équipements.
Ces difficultés ont conduit les autorités à s’intéresser davantage à la situation de l’entreprise. Le gouverneur du Haut-Ogooué s’est rendu sur le site fin août, avant une visite du ministre de l’Industrie en septembre. Cette dernière a notamment permis de constater l’état de l’outil industriel et de relever plusieurs préoccupations sociales.
Une éventuelle grève qui inquiète le marché du sucre
Au-delà du conflit social, l’éventuelle paralysie des Sucreries du Gabon pourrait avoir des conséquences sur l’approvisionnement du marché national. L’entreprise occupe une place centrale dans la production et la commercialisation du sucre destiné aux ménages et aux industriels gabonais. La direction rappelle d’ailleurs l’importance de maintenir cette activité pour assurer la disponibilité du produit sur le marché.
Une interruption prolongée de la production pourrait donc exercer une pression supplémentaire sur l’approvisionnement en sucre au Gabon, notamment si aucune solution alternative n’est rapidement mise en place. Le secteur agroalimentaire pourrait également être concerné, certaines activités dépendant de cette matière première.
Pour les salariés, l’objectif reste toutefois d’obtenir des réponses à leurs revendications avant le déclenchement du mouvement. Les représentants du personnel maintiennent leur demande de dialogue avec la direction et les autorités compétentes.
À quelques jours de l’échéance du 1er octobre 2026, les discussions entre les différentes parties apparaissent ainsi déterminantes. Elles devront permettre de trouver un terrain d’entente sur les conditions de travail, la sécurité des employés et la situation économique de l’entreprise, afin d’éviter une nouvelle paralysie de la production sucrière au Gabon.
Kendra Charlène NDAVOURA
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