La connexion internet au Gabon connaît des perturbations récurrentes qui exaspèrent particuliers et entreprises. Si les causes officiellement avancées désignent souvent des incidents techniques sur les câbles sous-marins, un autre facteur de fragilité monte en puissance : le vol de câbles en cuivre et les actes de vandalisme sur les infrastructures télécoms terrestres.
La coupure du 24 août : plusieurs provinces coupées
Airtel Gabon a informé ses clients qu’une coupure de fibre optique survenue sur le backbone national le 24 août 2026 perturbait les services voix et internet dans plusieurs localités du Haut-Ogooué, du Woleu-Ntem, de l’Ogooué-Lolo et de l’Ogooué-Ivindo. Les équipes techniques d’Airtel Gabon et de son partenaire Axione ont été immédiatement mobilisées pour procéder aux réparations nécessaires.
Une infrastructure sous-marine également vulnérable
Le problème ne se limite pas aux réseaux terrestres. Depuis la nuit du 27 au 28 mai 2026 déjà, les usagers gabonais avaient subi une baisse significative de la qualité de leur connexion suite à une avarie sur le câble sous-marin de fibre optique ACE, l’une des principales artères numériques reliant le pays au reste du monde. Le Gabon s’appuie aujourd’hui sur quatre systèmes de câbles sous-marins pour sécuriser son trafic international, une redondance encore insuffisante face à la multiplication des incidents.
Le vol de câbles en cuivre, un fléau qui s’aggrave
Si les pannes techniques sont une réalité bien documentée, un phénomène plus inquiétant s’y ajoute : le vol de câbles en cuivre qui alimentent les équipements des opérateurs télécoms. Ce type de vol, ciblant les infrastructures de télécommunications, les postes électriques et les équipements de réseau, est devenu un véritable fléau à travers l’Afrique subsaharienne. Au Gabon, des incidents ont été signalés dans plusieurs arrondissements de Libreville, provoquant des coupures brutales et prolongées du réseau téléphonique et internet dans les zones concernées. Les auteurs de ces vols revendent le cuivre comme matière première, sans mesurer les conséquences désastreuses de leurs actes sur des milliers d’abonnés.
Une double vulnérabilité structurelle
Ces incidents cumulés révèlent une double fragilité du réseau numérique gabonais. D’un côté, une infrastructure sous-marine encore insuffisamment redondante. De l’autre, un réseau terrestre exposé aux actes de malveillance et de vol, dont les conséquences sur la qualité du service sont immédiates et difficiles à compenser rapidement. À l’heure où le Gabon affiche ses ambitions numériques, la sécurisation de l’infrastructure sur laquelle repose cette transformation reste un préalable indispensable et encore insuffisamment traité.
Marie Celine AKANDA
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