Gabon : le ministère de l’Intérieur engage la réforme de l’encadrement des organisations religieuses

ONASIA MABITI

La réforme de l’encadrement des organisations religieuses franchit une nouvelle étape au Gabon. Dans un communiqué publié le 18 juillet 2026, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba, a annoncé la tenue, ce mardi 21 juillet, d’une réunion d’information consacrée à ce dossier sensible.

Une structuration engagée depuis plusieurs mois

Cette annonce ne surgit pas de nulle part : elle s’inscrit dans un processus entamé dès le mois de mai 2026, lorsque le Conseil national des Églises pentecôtistes, évangéliques et de réveil du Gabon avait adopté, lors d’une convention nationale, l’obligation pour les pasteurs de disposer d’une carte professionnelle annuelle pour exercer. L’objectif affiché à l’époque était déjà de moraliser et professionnaliser un secteur religieux en pleine expansion, parfois marqué par des dérives et des abus financiers.

éforme de l'encadrement des organisations religieuses

Un dialogue permanent entre l’État et les confessions religieuses

En juin 2026, le ministre Nguema Mba, également ministre du Culte, avait reçu en audience le bureau du Conseil National des Églises Pentecôtistes et du Réveil (CNEPR), qui avait annoncé son déploiement prochain sur l’ensemble du territoire national. Lors de ces échanges, les pasteurs avaient exprimé des inquiétudes sur les délais jugés courts pour adapter leurs lieux de culte aux normes de protection civile. Le ministre s’était voulu rassurant tout en réaffirmant la nécessité de réguler l’activité religieuse pour des raisons d’ordre public, sans toutefois s’immiscer dans les questions de foi.

Un enjeu de gouvernance autant que de sécurité publique

La réunion du 21 juillet s’annonce donc comme une nouvelle pièce de ce puzzle réglementaire, dans un contexte où le paysage religieux gabonais, en particulier les églises de réveil, connaît une croissance rapide qui interroge les autorités sur le contrôle des lieux de culte, leur conformité aux normes de sécurité, et la responsabilisation des directeurs de conscience. Reste à voir si cette réunion d’information débouchera sur des mesures contraignantes concrètes, ou si elle prolongera la logique de dialogue concerté déjà engagée avec les confessions religieuses ces derniers mois.

 

Marie Celine AKANDA

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