L’accident du Prospector 5, survenu sur le permis pétrolier offshore de Dussafu, remet la sécurité des travailleurs au centre des préoccupations du secteur pétrolier gabonais. Cinq personnes sont portées disparues, dont trois ressortissants gabonais membres de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP). Dans un communiqué publié le 27 octobre 2026 à Port-Gentil, le syndicat réclame des explications précises sur les circonstances du drame et des mesures concrètes pour prévenir de nouveaux accidents.

Au moment des faits, 115 personnes se trouvaient à bord de l’installation de forage de Borr Drilling, sur le permis exploité par BW Energy. Cent dix ont été évacuées. Les recherches se poursuivent pour retrouver les cinq travailleurs manquants : trois Gabonais, un Croate et un Indien. Le décès de ce dernier aurait été rapporté par des témoins, qui évoquent une chute en hauteur lors de l’effondrement de la structure. L’ONEP salue la mobilisation des autorités et des équipes de secours, tout en appelant à maintenir les opérations de recherche.
Pour l’organisation syndicale, le bilan humain donne une dimension particulière à cette catastrophe. Les trois Gabonais disparus appartenaient à ses rangs. Ils avaient d’abord exercé sous des contrats précaires, par l’intermédiaire de prestataires, avant d’obtenir des contrats à durée indéterminée chez Borr Drilling en mars 2024, avec une centaine de leurs collègues. Cette évolution faisait suite aux revendications de l’ONEP sur l’application de la loi 20 relative à la mise à disposition du personnel.
Dans ce contexte douloureux, le syndicat exprime son soutien aux familles des disparus et aux travailleurs évacués. Il insiste sur l’importance d’un accompagnement médical et psychologique des rescapés, mais aussi d’une assistance adaptée aux proches confrontés à l’incertitude et aux conséquences du drame. L’organisation rappelle que la continuité des activités pétrolières ne peut justifier aucun compromis sur la sécurité du personnel.
L’ONEP réclame des garanties sur la sécurité pétrolière.
L’organisation attend désormais que l’enquête technique permette d’établir les circonstances exactes de l’accident et les responsabilités éventuelles. Elle soutient la mise en place d’une cellule de crise, mais demande que les représentants des travailleurs soient associés à ses travaux. Elle réclame également la publication des conclusions de l’enquête, conformément à l’engagement annoncé par le président de la République.
Au-delà de ce dossier, l’ONEP estime nécessaire de revoir les dispositifs de prévention et de contrôle appliqués aux installations pétrolières, aussi bien offshore qu’onshore. Elle pointe notamment les difficultés liées à l’application des textes sur la santé et la sécurité au travail. Le syndicat appelle à l’adoption des dispositions réglementaires permettant aux inspecteurs du travail d’exercer pleinement leurs missions, ainsi qu’au renforcement des capacités de la Direction générale des hydrocarbures pour améliorer les contrôles techniques.
Cette exigence de transparence s’inscrit dans un contexte marqué par un précédent toujours présent dans les mémoires. Le 20 mars 2024, une explosion sur la plateforme offshore Bécuna de Perenco Oil & Gas Gabon avait provoqué la mort de six travailleurs au cours d’une opération de maintenance de puits. Plus de deux ans après, l’ONEP demande encore la publication des conclusions des enquêtes administrative, technique et judiciaire. Elle souhaite également que le gouvernement fasse le point sur les réformes engagées et sur l’accompagnement réservé aux rescapés et aux familles des victimes.
La répétition de ces drames soulève une question essentielle : quelles suites sont réellement données aux enquêtes et aux recommandations formulées après les accidents industriels ? Pour l’ONEP, les constats ne peuvent rester sans effet. Les engagements pris doivent déboucher sur des mesures vérifiables, des contrôles plus rigoureux et une meilleure protection des salariés.
Le syndicat affirme qu’il suivra attentivement les suites réservées à ses demandes. Au-delà de la recherche des disparus et de l’établissement des responsabilités, l’enjeu est désormais de garantir que la sécurité des travailleurs demeure une priorité effective dans l’ensemble de l’industrie pétrolière gabonaise.
Davilla AKANG
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