La suspension temporaire de la délivrance des permis de conduire digitalisés au Gabon remet au premier plan les questions liées à la gestion des recettes, au paiement des primes et aux responsabilités des différentes structures impliquées. Face aux zones d’ombre soulevées par des syndicalistes, des audits indépendants sont réclamés pour retracer les mouvements financiers et faire la lumière sur le fonctionnement de toute la chaîne. Pendant ce temps, les usagers attendent toujours la reprise de l’enrôlement dans le Grand Libreville.

Les interrogations portent d’abord sur le suivi de l’argent généré par la délivrance des permis. Selon certains syndicalistes, les recettes de Rengus Digital, le prestataire chargé de la digitalisation, seraient les seules dont le suivi est clairement établi. Ils souhaitent donc que la situation des autres recettes soit également vérifiée.
La distribution des primes suscite aussi des préoccupations. Des doublons dans certains paiements auraient été constatés, tandis que des responsables administratifs se seraient fixé des plafonds de primes. Ces éléments restent à vérifier. Des audits permettraient de connaître les montants versés, les bénéficiaires et les raisons de chaque paiement.
Plusieurs structures publiques sont concernées par ces questions. Il s’agit notamment de la Direction générale des transports terrestres (DGTT), du Centre national d’édition des permis de conduire (CNEPC) et de la Direction de la circulation routière et des contrôles techniques (DCRCT). Le centre chargé de l’impression des cartes grises est également concerné, même si sa dénomination officielle reste à confirmer.
Les vérifications devraient permettre de suivre l’ensemble des opérations, depuis la collecte des recettes jusqu’à leur enregistrement comptable et au paiement des dépenses. Elles devraient aussi porter sur les conditions d’attribution des primes afin de vérifier les éventuels doublons et la conformité des versements.
Il est également important de distinguer les missions de Rengus Digital de celles des administrations publiques. Le prestataire assure la digitalisation des permis, tandis que les services publics interviennent dans la gestion, le contrôle et la délivrance des titres. Les obligations de chaque partie, les engagements prévus et le suivi du dispositif doivent donc être examinés.
Pour les syndicalistes, il serait prématuré de rendre le prestataire technique responsable de toutes les difficultés sans avoir établi les faits. Les audits indépendants permettraient de déterminer l’origine des éventuelles irrégularités et de préciser les responsabilités de chaque intervenant.
Ces questions se posent alors que le ministère des Transports avait annoncé l’extension de la digitalisation des permis de conduire à l’intérieur du pays. Il y a quelques mois, le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, avait également évoqué la dématérialisation d’autres actes administratifs, notamment les cartes grises.
Cette modernisation doit permettre de simplifier les démarches, d’améliorer le suivi des opérations et de rapprocher les services publics des populations. Toutefois, les interrogations sur la gestion administrative et financière du dispositif rendent nécessaire une clarification de son fonctionnement.
Dans le Grand Libreville, les usagers attendent toujours la reprise de l’enrôlement. L’extension du dispositif aux provinces est également attendue. Pour la suite du programme, il reste donc important de clarifier la gestion des recettes, le paiement des primes et les responsabilités des différentes structures.
Face à cette situation, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, est interpellé sur la possibilité de donner une nouvelle impulsion à ce dossier. Des audits indépendants pourraient permettre d’établir les faits, de suivre les mouvements financiers et de déterminer les responsabilités avant toute décision.
Davilla AKANG
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