Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) du Gabon a clôturé, le 29 septembre 2026, sa deuxième session ordinaire sous la présidence de Guy Bertrand Mapangou. À cette occasion, les commissaires ont adopté à l’unanimité deux projets d’avis portant sur des enjeux considérés comme prioritaires : la sécurisation du foncier coutumier et le redressement du système de santé publique.

Le CESEC veut mieux encadrer le foncier coutumier
Le premier projet d’avis adopté par le CESEC porte sur la nécessité de mieux prendre en compte les pratiques traditionnelles dans la gestion du foncier au Gabon. L’institution constate notamment un décalage entre le droit positif et les réalités foncières vécues par les communautés locales.
Pour réduire les risques de conflits liés à l’occupation et à l’utilisation des terres, le Conseil recommande d’intégrer davantage le droit foncier coutumier dans la législation nationale. Cette évolution devrait permettre de mieux protéger les droits des communautés locales et des populations autochtones.
Parmi les principales propositions figure la création d’une enquête foncière coutumière. Celle-ci permettrait d’identifier et de valider officiellement les droits d’usage traditionnels. Le CESEC recommande également de faciliter l’inscription de ces droits dans le livre foncier national, afin de donner aux communautés concernées une reconnaissance juridique plus claire.
L’institution souhaite par ailleurs une meilleure protection des sites sacrés, des territoires communautaires ainsi que des espaces présentant une importance culturelle ou patrimoniale. La clarification de la hiérarchie entre les différents droits d’occupation et de propriété est également présentée comme un moyen de prévenir les litiges fonciers.
Santé publique : le CESEC appelle à une réforme du système
Le deuxième projet d’avis concerne le système de santé publique gabonais. Pour le CESEC, l’amélioration de l’offre de soins constitue un enjeu lié à la souveraineté nationale et à la valorisation du capital humain.
L’institution recommande notamment l’organisation d’États généraux de la santé, destinés à établir un diagnostic global du système sanitaire et à identifier les réformes prioritaires. Elle préconise également une actualisation de la carte sanitaire du Gabon, afin de mieux tenir compte des disparités territoriales dans l’accès aux soins.
La question des ressources humaines figure aussi parmi les préoccupations. Le Conseil propose un recrutement territorialisé des professionnels de santé, avec l’objectif de renforcer les effectifs dans les différentes provinces et de favoriser une répartition plus équilibrée du personnel médical.
Autre recommandation : l’intégration, sous certaines conditions, de la médecine traditionnelle dans le parcours officiel de soins. Le CESEC souhaite que cette pratique soit encadrée afin de garantir la sécurité des patients et d’améliorer sa complémentarité avec la médecine moderne.
Réduire les évacuations sanitaires et les difficultés d’accès aux soins
Ces recommandations interviennent alors que l’État prévoit une enveloppe de 44 milliards de FCFA pour le plateau technique sanitaire. Pour le CESEC, cet investissement doit s’accompagner d’une stratégie permettant d’améliorer durablement les capacités des établissements de santé.
L’objectif affiché est notamment de réduire les évacuations sanitaires à l’étranger, qui représentent une charge importante pour les finances publiques et les ménages. Le renforcement des équipements, des ressources humaines et de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire pourrait ainsi contribuer à rapprocher les services médicaux des populations.
Le Conseil met également en avant les difficultés liées aux ruptures de médicaments, susceptibles d’alourdir les dépenses des familles gabonaises. Une meilleure organisation du système sanitaire doit donc permettre d’améliorer la disponibilité des traitements et de limiter les dépenses directement supportées par les ménages.
À travers ces deux avis, le CESEC entend ainsi contribuer au débat sur des réformes touchant directement les populations. La sécurisation du foncier coutumier, la modernisation du système de santé publique, la réduction des inégalités territoriales et la protection du pouvoir d’achat figurent désormais parmi les enjeux soumis à l’attention des pouvoirs publics.
Kendra Charlène NDAVOURA
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