Gabon : 1 162 projets publics recensés, le défi de l’exécution.

Lauraine

Le Gabon recense désormais 1 162 projets d’investissement public, contre 675 auparavant. Un nouvel outil pour améliorer la planification et l’exécution budgétaire.

 

1 162 projets publics

Le Gabon dispose désormais d’une cartographie plus étoffée de ses investissements publics. Au total, 1 162 projets ont été recensés sur l’ensemble du territoire national, contre 675 précédemment. Une progression de 72 % qui traduit un effort de consolidation des outils de planification de l’État. Mais derrière cette augmentation du nombre de projets identifiés se dessine une question essentielle : comment transformer cet inventaire en réalisations concrètes au bénéfice des populations ?

Présentés le 30 octobre 2026 par le Commissariat général au Plan, les résultats de cette nouvelle opération font état de 487 projets supplémentaires intégrés dans la base de données nationale. Cette actualisation intervient à l’issue d’une mission complémentaire conduite dans les neuf provinces du pays, avec l’appui de la Banque mondiale, à travers le projet Hiswaka.

Menées du 10 au 24 mai 2026, les investigations ont notamment reposé sur des vérifications documentaires et des visites de terrain sur les sites accessibles. L’objectif était de disposer d’informations plus précises sur la localisation des projets, les administrations responsables, leurs sources de financement ainsi que leurs niveaux d’exécution.

Au-delà de l’élargissement du portefeuille recensé, cette démarche répond à une préoccupation majeure de la gestion publique : mieux connaître les investissements engagés pour mieux orienter les ressources de l’État. En effet, la multiplication des projets inscrits dans les programmes de développement ne garantit pas, à elle seule, leur réalisation. Encore faut-il pouvoir apprécier leur état d’avancement, identifier les difficultés rencontrées et déterminer les moyens nécessaires à leur achèvement.

Un portefeuille de projets confronté à la réalité de l’exécution

Les données de référence du Commissariat général au Plan pour 2025 donnent une indication des difficultés auxquelles l’administration doit faire face. Sur les 675 projets initialement recensés, 51,56 % étaient en cours d’exécution. Dans le même temps, 24,74 % n’avaient pas encore démarré et 18,22 % étaient à l’arrêt.

Ces chiffres mettent en évidence un enjeu qui dépasse largement celui du recensement. Ils soulignent la nécessité de renforcer le suivi des investissements publics, notamment pour comprendre les raisons des retards, identifier les blocages administratifs ou financiers et améliorer la coordination entre les différents acteurs impliqués.

Avec cette nouvelle cartographie, les pouvoirs publics disposent d’un référentiel plus complet pour distinguer les opérations en bonne voie, celles nécessitant des financements complémentaires et les projets dont l’achèvement pourrait être accéléré.

L’enjeu est également budgétaire. Dans un contexte où les ressources publiques doivent être mobilisées avec davantage de discernement, une meilleure visibilité sur les investissements devrait permettre de limiter la dispersion des crédits et de concentrer les financements sur les opérations jugées prioritaires.

2027, première grande échéance pour la nouvelle cartographie

Cette actualisation intervient à un moment stratégique, à l’approche de l’exercice budgétaire 2027. Le projet de budget prévoit 1 058,4 milliards de FCFA de dépenses d’investissement, dont 287,3 milliards issus de financements extérieurs.

Cette enveloppe est inférieure de 110,7 milliards de FCFA à celle inscrite dans le collectif budgétaire 2026. Une évolution qui renforce l’importance des arbitrages dans la sélection et la programmation des opérations à financer.

Dans ces conditions, la nouvelle base de données pourrait constituer un instrument d’aide à la décision pour les autorités. Elle doit notamment faciliter la hiérarchisation des projets, améliorer le suivi des décaissements et permettre une appréciation plus rigoureuse de leur niveau d’exécution.

Cette démarche s’inscrit dans la perspective du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, dont la mise en œuvre suppose une meilleure articulation entre les investissements publics et les besoins exprimés dans les différentes provinces.

Pour les populations, cependant, l’intérêt de cette opération se mesurera moins au nombre de projets inscrits dans une base de données qu’à leur traduction dans le quotidien. Routes praticables, accès à l’eau potable, amélioration de l’offre sanitaire, infrastructures scolaires ou équipements collectifs : autant de domaines dans lesquels les investissements publics sont attendus.

En portant son portefeuille recensé à 1 162 projets, le Gabon franchit ainsi une étape supplémentaire dans la structuration de sa planification publique. Reste maintenant à transformer cette meilleure connaissance des investissements en capacité réelle d’action. Car si recenser permet de savoir ce que l’État prévoit ou entreprend, c’est bien l’exécution qui permettra d’en mesurer les résultats.

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Reve NGOUL-ALY

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