Eau, Electricité,Réseaux Sociaux… Les chroniques d’une normalité incertaine

REBECCA FUNDI

Au Gabon, certaines certitudes semblent appartenir à un autre temps : avoir de l’eau, de l’électricité ou un accès stable aux réseaux sociaux. Ici, la routine n’est plus ce qui est acquis, mais ce qui reste à espérer.

Eau, Electricité,Réseaux

Ouvrir un robinet, ou tenter sa chance

Le geste est banal. Presque automatique ailleurs. Mais au Gabon, ouvrir un robinet peut parfois relever d’un léger suspense : y aura-t-il de l’eau… ou pas aujourd’hui ? Alors on s’organise. On stocke. On anticipe. Parce que même l’essentiel ne va plus de soi.

Même incertitude du côté de l’électricité.

Une journée peut commencer avec du courant et se poursuivre sans. Ou l’inverse, quand tout fonctionne, presque par surprise. Dans ces conditions, planifier devient un pari : travailler, conserver, charger, produire… tout dépend d’un facteur instable. La normalité électrique existe.
Elle est simplement irrégulière.

Connectés, mais pas toujours

À l’ère du numérique, l’accès aux réseaux sociaux est devenu un prolongement du quotidien.
Mais là encore, rien n’est totalement acquis. Suspensions, restrictions, retours attendus : la connexion devient intermittente. Communiquer, s’informer, exister en ligne autant d’actions désormais soumises à condition.

Producteur de pétrole, en quête d’essence

Pays producteur, le Gabon n’échappe pourtant pas aux tensions sur le carburant : stations à sec, files d’attente, approvisionnement incertain. Se déplacer devient alors une stratégie. Ou une question de timing.

Vivre, mais avec calcul

À ces incertitudes s’ajoute une autre, plus silencieuse : celle du coût de la vie. Prévoir ses dépenses, faire ses courses, équilibrer son budget, autant d’exercices devenus plus complexes.
Parce qu’ici, même la stabilité financière peut fluctuer. La normalité, ce luxe discret
Mis bout à bout, ces situations dessinent une réalité particulière. Au Gabon, la normalité n’a pas disparu.Elle s’est transformée.
Elle n’est plus permanente. Elle est ponctuelle.
Avoir de l’eau, du courant, du carburant, une connexion stable :ce n’est plus seulement normal c’est presque une bonne nouvelle.

Vivre avec l’incertain

Face à cela, une chose est sûre : l’adaptation est devenue une règle. Anticiper, contourner, improviser. Faire avec, plutôt que compter sur.
Mais derrière cette capacité d’ajustement, l’on s’interroge: Et si toutes ces incertitudes avait fini par devenir la norme devrions-nous juste subir,sans réagir ?

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Marie-Celine AKANDA

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