Le Gabon s’apprête à ratifier un accord avec Cuba permettant, à terme, le transfèrement de détenus condamnés. Une mesure qui suscite déjà des interrogations sur la justice, la sécurité et la réinsertion.

Le Conseil des ministres du 25 juin 2026 a adopté un projet de loi autorisant la ratification de l’accord sur l’exécution des sentences pénales entre le Gabon et Cuba. Cette décision ne signifie pas que des détenus seront transférés immédiatement entre les deux pays. Elle constitue en revanche une étape juridique importante vers la mise en œuvre d’un mécanisme qui permettra, une fois l’accord pleinement en vigueur, aux personnes condamnées de purger leur peine dans leur pays d’origine.
Signé à La Havane le 27 septembre 2025, cet accord s’inscrit dans le renforcement de la coopération judiciaire entre Libreville et Cuba. Selon le communiqué officiel du Conseil des ministres, son objectif est de permettre aux ressortissants gabonais condamnés à Cuba, ainsi qu’aux ressortissants cubains condamnés au Gabon, d’exécuter le reste de leur peine dans leur pays de nationalité. Le gouvernement estime que cette mesure favorisera le maintien des liens familiaux, facilitera la réinsertion sociale des personnes condamnées et contribuera à prévenir la récidive.
Cette précision est importante. Le texte adopté le 25 juin n’autorise pas encore le transfèrement des détenus. Il ouvre la voie à la ratification de l’accord, qui devra encore suivre les procédures prévues avant de pouvoir être appliqué. Chaque éventuel transfèrement sera ensuite examiné conformément aux conditions fixées par l’accord et par les autorités compétentes des deux États.
Même si cette perspective reste conditionnée à l’entrée en vigueur de l’accord, elle soulève déjà un débat au sein de l’opinion publique. Beaucoup de Gabonais y voient une mesure profondément humaine. Pour les familles concernées, savoir qu’un proche pourrait un jour purger sa peine au Gabon représente l’espoir de maintenir des liens familiaux plus étroits et de mieux préparer son retour dans la société.
D’autres citoyens s’interrogent toutefois sur les conséquences d’un tel dispositif. Le retour de personnes condamnées à l’étranger suscite des préoccupations liées à la sécurité publique. Ces interrogations sont légitimes, mais il convient de rappeler que le transfèrement ne constitue ni une libération anticipée, ni une annulation de la condamnation. Les personnes concernées continuent d’exécuter la peine prononcée par la justice ; seul le lieu de détention change.
Au-delà de la question carcérale, cet accord traduit également la volonté du Gabon et de Cuba de renforcer leur coopération dans le domaine judiciaire. Après plusieurs années de collaboration dans les secteurs de la santé, de la formation et de l’éducation, les deux États étendent désormais leur partenariat à l’exécution des décisions de justice.
Le projet de loi adopté par le Conseil des ministres ouvre ainsi une nouvelle réflexion. Comment concilier le respect des droits des personnes condamnées avec les attentes de la population en matière de sécurité ? Comment préparer la réinsertion de détenus transférés tout en garantissant l’application rigoureuse des peines prononcées ?
Ces questions trouveront progressivement leurs réponses au fur et à mesure de la mise en œuvre de cet accord. Une chose est certaine : le texte examiné par le gouvernement ne marque pas encore le début des transfèrements, mais il dessine les contours d’une nouvelle coopération judiciaire entre le Gabon et Cuba, fondée sur le respect du droit, de la dignité humaine et de la réinsertion.
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REVE NGOUL-ALY


